CHAPITRE 1
Canon sentit la douleur exploser dans sa tête au
moment où il reprit conscience. Pourquoi souffrait-il ainsi ? N'avait-il
pas encore assez payé ? Le repos dans le séjour des morts lui serait-il
refusé ?
Pour
autant qu'il pouvait s'en rendre compte les yeux clos, il était allongé sur un
sol de pierre lisse. Il ignorait s'il était capable de faire un mouvement et
préféra s'abstenir de toute expérience hâtive qui pourrait accroître encore ses
maux.
-
Salut !
La
voix éclata aux oreilles de Canon comme un coup de tonnerre et il ne put
retenir un gémissement lorsque le son déchira sa tête martyrisée.
-
Ca va ? Rhadamanthe est mort, tu sais. Toi aussi tu devrais être mort
d'ailleurs. T'as vraiment une sacrée chance ! Et t'es drôlement
résistant ! Tous les chevaliers d'Athéna sont-ils comme toi ? Non,
mais tu sais, ça serait vraiment bien parce que…
A
cet instant l'esprit de Canon se troubla et il perdit le fil du propos de son
interlocuteur. Mais ce dernier ne semblait pas vouloir abandonner de sitôt
cette passionnante conversation et haussa la voix pour capter de nouveau
l'attention du blessé.
-
…à cause de la Dame des Ombres. D'ailleurs elle doit se demander où je suis.
Nous devrions…
Canon
s'interrogea. Aurait-il la force de se débarrasser de l'importun ? Sa main
se leva lentement…
- Galax…
Les
mots moururent sur ses lèvres, tandis qu'il sombrait de nouveau dans les
ténèbres.
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Shun
sentit une lame de froid glacial lui transpercer l'épaule. Il releva la tête
qu'il avait tenue enfouie dans ses genoux pendant un temps indéterminable et
étouffa un hoquet de surprise.
-
Eurydice !
La
jeune femme lui adressa un sourire triste et Shun sentit son cœur se serrer en
songeant au sort qui avait été celui d'Orphée. Brusquement il remarqua
qu'Eurydice se déplaçait librement. Elle avait été délivrée de sa gangue de
pierre ! Mais Shun n'était pas sûr qu'il faille s'en réjouir… La jeune
femme ne semblait pas vraiment en bonne santé. Elle avait même plutôt l'air malade
avec son teint exsangue.
-
Qu'est ce qui s'est passé ? commença Shun.
Eurydice
sourit de nouveau mais ne répondit pas. A la place elle pointa un doigt et Shun
suivant du regard la direction qu'elle indiquait constata que trois autres
personnes étaient apparues autour du groupe des chevaliers rescapés. Le
vieillard et le jeune homme étaient aussi blême qu'Eurydice mais ce qui retint
surtout l'attention du chevalier Andromède ce fut la femme en rouge qui se
dressait devant Athéna.
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-
Athéna…
-
Perséphone.
Les
deux déesses se considérèrent pendant quelques instants puis Perséphone
soupira.
-
Hadès est mort… avec tous ses spectres.
-
Oui.
La
voix d'Athéna était distante, douloureuse. Qu'importait maintenant le sort
d'Hadès. Elle avait payé bien trop cher cette victoire…
-
C'est moi désormais qui suis la souveraine des Enfers…
-
Oui.
-
J'aimerais pouvoir faire quelque chose…
Perséphone
se surprit elle-même en prononçant ces mots. Même si elle ne l'avait jamais
aimé, Hadès était son époux. Et Athéna et ses chevaliers l'avait tué !
Pourtant ils avaient aussi sauvé la Terre des ténèbres… Et à cela, la fille de
Déméter ne pouvait rester insensible… Mais de toute manière, à quoi bon ?
Elle n'était pas Hadès, et Hadès lui-même n'était que le dieu des Enfers, pas
celui de la Mort. La mort était une chose inéluctable… Et Athéna semblait
l'avoir compris qui hocha simplement la tête avec résignation.
Pourtant…
Perséphone tourna la tête en direction d'Eurydice. La bien-aimée d'Orphée avait
failli revivre autrefois… par la volonté d'Hadès. Est ce qu'on pouvait vraiment
faire cela ? Hadès l'avait pu lui. Et elle était la reine du royaume de
l'Au-Delà maintenant.
-
Suivez moi.
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Clotho
tenait la quenouille, Lachésis tournait le fuseau et Atropos coupait le fil.
Cela faisait des millions d'année que les choses étaient ainsi et elles ne
changeraient jamais.
-
Quelqu'un vient mes sœurs…
Un
sourire de convoitise vint déformer le visage ridé de Lachésis lorsqu'elle vit
le groupe approcher.
-
Un peu de distraction… Enfin…
C'est
la femme en rouge qui s'avança la première.
-
Je suis…
-
Perséphone, coupa Clotho.
-
Fille de Déméter, ajouta Lachésis.
-
Déesse des Enfers, conclut Atropos.
-
Et voici Athéna…
-
Fille de Zeus…
-
Déesse de la justice…
- Et Ikki…
- Shun…
-
Hyoga…
-
Shiryu.
Les
Moires ricanèrent de concert et les
quatre chevaliers se regardèrent, mal à l'aise.
-
Je suis venue reprendre une vie !
Le
ton de Perséphone se voulait ferme et impérieux, mais au fond d'elle même elle
savait bien qu'elle ne pouvait prétendre à aucune autorité sur les déesses de
la Mort. Hadès lui-même devait se plier aux caprices des trois vieilles.
-
D'accord.
Perséphone
sursauta.
-
Pardon ?
-
D'accord, répéta Clotho, vous pouvez reprendre la vie que vous désirez. Suivez
nous.
Comme
la vieille et ses deux sœurs partaient sans rien ajouter, tous les suivirent.
Ikki, le dernier, fronçait les sourcils. Avait-on jamais entendu dire que les
Moires obéissaient à quiconque ? Où qu'elles faisaient preuve de
compassion face aux suppliques de ceux qui avaient perdu un être cher ? Ce
qu'elles prenaient, elles ne le rendaient jamais d'ordinaire. Qu'est ce que
tout cela cachait ?
Tout
à ses pensées, le chevalier Phénix ne vit pas que ses compagnons s'étaient
arrêtés et vint heurter le dos de Hyoga. C'est à cet instant seulement qu'il
découvrit le lieu où ils avaient été conduit.
Ikki
ne craignait pas grand chose. Ses émotions, il savait d'ordinaire les maîtriser
et les repousser. Mais cette fois, il ne put éviter la main de glace qui se
referma sur son cœur.
Lui
et ses compagnons se trouvaient au cœur… d'un espace… noir… Sous leurs pieds,
il n'y avait pas de sol. Ni ciel, ni
plafond au dessus de leur tête, encore moins de murs autour d'eux. Ils étaient
entrés dans un espace infini. Et cet espace n'était pas vide. De toutes les
directions jaillissaient de longs fils lumineux, tendus, dont on ne
distinguaient pas les extrémités s'ils en avaient, et qui à force de se croiser
et de se toucher créaient un gigantesque labyrinthe de soie.
Ikki
n'avait pas besoin de plus d'explications pour savoir que chaque fil
représentait une vie humaine. Il pouvait sentir le cosmos de chevaliers parmi
eux. Avec autant d'horreur que de fascination, il vit Atropos saisir un fil, au
hasard semblait-il, et le couper froidement avec les ciseaux qu'elle avait à la
main. Les deux parties du fil, brusquement détendues, se mirent à errer comme
agitées par des courants invisibles, s'éloignèrent l'une de l'autre, se
perdirent dans l'obscurité…
-
Voilà. Si vous voulez reprendre une vie, retrouvez les deux parties de son fil
qui a été tranché et reliez les, murmura Clotho dans un sourire vipérin.
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Visiblement,
son compagnon n'était pas d'humeur causante, pourtant il en fallait bien plus
pour décourager Talies.
-
Alors ton nom c'est Canon ! Et moi, tu sais qui je suis ?
-
Non !
Le
ton sur lequel avait été faite la réponse laissait entendre que Canon se
fichait complètement du nom de son infatigable interlocuteur.
-
Je suis Talies, l'Esprit de l'Ennui !
-
De l'Ennui, hein…
-
Ben oui, mais tu sais, c'est pas moi qui ai choisi. C'est une gâterie de
Rhadamanthe.
-
Comment ça ?
Canon
s'était arrêté de marcher et pour la première fois, regardait son interlocuteur
en face. Il s'agissait d'un jeune homme assez grand. Sa tignasse rouge emmêlée
était en soi plutôt remarquable, mais ce fut surtout l'incroyable pâleur de sa
peau qui frappa Canon. Pour un peu il aurait pu croire avoir affaire à un mort…
vivant ! D'ailleurs de quoi avait-il parlé déjà ? D'Esprit de
l'Ennui ?
-
Qu'est ce que tu as à voir avec Rhadamanthe ?
-
Bof, on se chamaillait un peu…
Le
ton de Talies était évasif, mais Canon cru surprendre une étincelle dans les
yeux du jeune homme lorsqu'il évoqua le spectre du Wyvern.
-
Tu ne saurais pas des fois comment il se fait que je sois encore en vie après
avoir déclenché ma plus puissante attaque sur Rhadamanthe et moi-même en même
temps, par hasard… ?
Cette
fois l'éclair qui traversa les yeux de Talies fut parfaitement visible.
-
Comme je te l'ai déjà dit, tu dois être très chanceux…
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Seiya.
Seiya. Seiya.
Bon
sang! Où pouvait-il bien être ! Comment le retrouver dans pareille
immensité ? De dépit Ikki saisit le fil volant qui venait de lui fouetter
la joue et le serra dans son poing en tirant jusqu'à ce qu'il lui entaille la
chair.
SAGA !!!
Hein !
Qu'est ce que c'était ? Incrédule, Ikki contempla le fil teinté de rouge
qui reposait sur la paume de sa main. Saga ? Est ce qu'il tenait
réellement l'une des extrémités du fil de vie du chevalier d'or des
Gémeaux ? Si c'était vrai… S'il trouvait la partie manquante… Saga
ressusciterait ! Mais Seiya… ?
Le
chevalier Phénix porta son regard vers les Moires. L'une d'elles l'observait
avec avidité, ses dents noires brisées découvertes par une sorte de rictus. Les
deux autres n'avaient d'yeux que pour le sablier que la plus petite tenait
entre ses mains. Elles dévoraient du regard chaque grain de sable noir qui
tombait comme si leur vie en dépendait. Leur vie ? Non ! Celle des
autres plutôt !!!
Ikki
venait de comprendre. La mort était une chose inéluctable. Le fil de vie de
Seiya ou des autres chevaliers, les Moires les trancheraient un jour, tôt ou
tard. Cela ne changerait rien pour les déesses millénaires. Là, il ne
s'agissait que d'un jeu. Les chevaliers d'Athéna pouvaient sauver autant de vie
qu'ils le souhaitaient… jusqu'à ce que le dernier grain de sable noir soit
tombé ! Combien de personnes sauveraient-ils ? Quel serait leur
désespoir lorsque le temps imparti se serait écoulé sans qu'ils aient pu faire
revivre les êtres qui leur étaient chers ? Ce devait être tout l'objet des
réflexions et des paris des trois infâmes vieillardes !
Le
dégoût et la colère menacèrent de submerger Ikki, mais comme à l'accoutumé son
sang froid reprit rapidement le dessus. Il n'avait pas le temps. Il fallait
qu'il trouve la moitié de vie de Saga. Et puis Seiya…
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La
femme passa rapidement sans accorder un regard au garde immobile sous la
poterne. Cortè suivit avec regret le mouvement des longues jambes fuselées
jusqu'à ce qu'elles aient disparues au détour d'un bâtiment. Le bruit des pas
de la femme s'estompa peu à peu et le silence s'abattit de nouveau sur la
place.
Cortè
soupira. Encore deux heures à tenir avant qu'un autre garde vienne le relever
de son poste. Et il avait peu de chance d'apercevoir d'ici là âme qui vive. Le
passage de la femme aux longues jambes lui avait fourni un instant de
distraction inattendu et bien agréable, mais c'était fini. Il était déjà tard
et la cité était quasiment déserte.
C'était
normal. Il fallait bien que le seigneur Arès aille défendre son honneur, songea
Cortè dans un sursaut de fierté et d'enthousiasme guerrier. N'empêche, il
aurait bien voulu partir lui aussi avec les Berserkers et les autres soldats
plutôt que d'être obligé de rester là, droit comme une pique, le glaive à la
main, à attendre la venue d'un hypothétique ennemi.
La
dague passa à un doigt de sa gorge et vint entailler son épaule. Pas si
hypothétique l'ennemi ! Si la lune n'avait pas fait étinceler la lame
d'acier un instant avant que le coup ne parte, Cortè aurait déjà gagné le
sombre royaume d'Hadès ! Le garde poussa un juron. La blessure à son
épaule le brûlait atrocement. Poison ? Il n'avait pas le temps de
s'interroger outre mesure. Il fallait absolument qu'il localise son adversaire
avant qu'il ne frappe à nouveau. La nuit s'était abattue sur la cité depuis un
moment déjà et la place était noyée dans les ombres, mais Cortè n'était pas un
guerrier d'Arès pour rien. Il était parfaitement habitué à voir dans la
pénombre et il ne lui fallut qu'un instant pour repérer la silhouette grise
tapie sur sa droite. Sans un mot, sans un bruit, le garde bondit, glaive au
poing. L'ombre grise évita le coup en glissant sur le coté. Cortè se replaça
immédiatement face à son adversaire. Son mouvement avait éloigné l'intrus de
l'ombre des bâtiment et les rayons de la lune vinrent éclairer son visage.
Cortè s'immobilisa. Il n'eut pas le temps de pousser un cri d'horreur et sentit
la lame glacée déchirer sa gorge. Comme le sang envahissait ses poumons, il ne
put qu'ouvrir de grands yeux terrifiés avant de sombrer dans un océan de
noirceur.
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Un
millier d'aiguilles glacées semblèrent traverser l'épaule de Shun. Le chevalier
releva la tête et rencontra le regard d'Eurydice qui avait de nouveau posé sa
main sur son épaule. Sans un mot la jeune fille le contempla de ses grands yeux
tristes et Shun comprit. Mais comment faire ? Il ne parvenait déjà pas à
retrouver Seiya, son frère, dans cette immensité ! Comment pourrait-il
alors songer à sauver Orphée ?
Shun
avait bien essayé de se fier au cosmos du chevalier Pégase, mais celui-ci
semblait avoir disparu. Soudain son regard se porta sur ses poignets. Sa
chaîne ? Elle était capable de retrouver n'importe quel ennemi, où qu'il
soit… Elle avait atteint Saga, le maître des dimensions, l'un des plus
puissants chevaliers d'or… Ce serait bien injuste si elle ne pouvait pas
également servir à retrouver ses amis…
De
toute manière qu'avait-il à perdre ? Shun libéra sa chaîne. La moitié des
grains de sables noirs étaient déjà tombée entre les mains de Clotho, et les
trois vieilles femmes semblaient de plus en plus excitées. Seiya… Orphée…
- Vague de tonnerre !!!
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Bien sûr, il avait essayé. La femme masquée…
Marine ?…le lui avait dit, mais il avait voulu vérifier par lui même. Et
effectivement, pas une de ses techniques de déplacement n'avait
fonctionné ! Le système de protection du sanctuaire d'Athéna était
parfaitement efficace !
Linus
regarda d'un air dépité la longue volée de marches qui conduisait à la maison
du Bélier. Il allait devoir traverser
les douze temples du Zodiaque et s'esquinter les genoux à gravir les
centaines de marches qui les séparaient les un des autres ! Tout ça pour
aller attendre le retour d'Athéna devant la salle du Grand Pope. Parce
qu'Athéna voudrait le voir dès qu'elle serait revenue selon l'autre prétentieux
avec sa corne plantée au milieu du front ! Comment c'était déjà son
nom ? Ichi ? Non, ça c'était celui avec la drôle de crête sur la
tête… Bon tans pis. De toute façon, il ne s'en sortait jamais avec les noms.
Après
un dernier soupir, Linus posa le pied sur la première marche et entreprit de
suivre les chevaliers qui le devançaient déjà de la moitié de l'escalier.
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Canon
observa d'un œil satisfait le temple qui se dressait devant lui. Giudecca.
Athéna était là, il le sentait, avec les quatre chevaliers de bronze.
Quatre ?!
Canon relâcha son cosmos. Il ne voulait pas savoir lequel manquait à l'appel.
D'ailleurs il s'en fichait, non ? Ce n'était qu'une bande minables après
tout…
Minables…
Canon se prit à sourire. Si Ikki était un minable, alors qu'était-il lui
même ? Mais de toute façon, ce ne pouvait pas être Ikki. Rien ne pouvait
arrêter le chevalier Phénix. Non, ce devait plutôt être ce crétin de Shun
toujours prêt à mourir plutôt qu'à se battre… !
Mais
là encore Canon s'arrêta. Ce n'était pas vrai . Shun n'était pas un
crétin. Il était différent. Et dans un sens, Canon savait qu'il enviait secrètement
le chevalier Andromède, pour sa droiture, pour sa pureté…
-
Alors, on y va ?
Canon
serra les poings. Il l'avait oublié celui-là. Mais dans un sens il avait
raison. Ce n'était vraiment pas le moment de rêvasser. Tout danger n'était
peut-être pas écarté…
Le
frère jumeau de Saga s'élança dans le grand escalier du temple d'Hadès, suivi
de près par l'Esprit de l'Ennui.
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Le
cœur de Shiryu battait la chamade. Il avait déjà retrouvé Mû et Milo, mais pas
trace de Seiya… ni de Doko…
Sa
main se referma sur un nouveau fil volant.
Krishna ?
Krishna de Chrysaor… Général de Poséidon… Le
sablier dans les mains de Clotho… Un ennemi… Un valeureux guerrier… Le
sanctuaire sous-marin détruit… Poséidon a aidé Athéna contre Hadès !
Le
chevalier du Dragon ne réfléchit pas plus avant. Il lui fallait trouver l'autre
partie du fil de vie de Krishna.
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Linus
regarda autour de lui avec curiosité. Il était dans la maison du Bélier, et il
ne se sentait pas l'envie immédiate d'entreprendre l'ascension qui le mènerait
à la demeure du Taureau. D'ailleurs le groupe de chevalier qui l'avait
accueilli au pied du sanctuaire avait déjà disparu au détour d'un rocher. Bien
sûr, c'était les propres chevaliers d'Athéna. Ils devaient avoir l'habitude de
gravir ces interminables escaliers. Mais tout de même ! Ils auraient pu
l'attendre. Heureusement que le chemin était droit et qu'il ne risquait pas de
se perdre. Quoique… Le temple du Bélier était vaste et ces colonnes se
ressemblaient un peu toutes entre elles…
Tiens,
qu'est ce que c'était que cette forme sombre, là-bas … ? Toujours pas
trace de ses "guides" ? Tans pis, ils seraient obligés de
l'attendre tout en haut.
Linus
se dirigea résolument vers l'objet qui l'intriguait. Plus il s'en approchait et
plus il acquérait la certitude qu'il allait découvrir quelque chose de vraiment
bizarre… De fait lorsqu'il fut parvenu à quelques pas de la forme allongée,
même la pénombre ambiante ne parvenait plus à dissimuler qu'il s'agissait d'un
homme couché au sol.
Linus
s'agenouilla à coté du corps. Qu'est ce que cela voulait dire ? L'homme
avait les cheveux coupés courts, noirs. Il était étendu sur le dos, les bras
écartés. Et… il était en piteux état ! Tout son corps était couvert de
bleus et d'écorchures comme s'il avait fait une terrible chute. Tremblant Linus
posa sa main sur la poitrine de l'homme inconscient. Il était vivant !
Mais il avait besoin de soins. Avant que Linus ait eu le temps de s'affoler, un
bruit de pas précipités se fit entendre derrière lui.
Une
jeune femme déboucha de derrière une colonne… le chevalier de la Vipère ou
quelque chose dans se genre là…, suivie de près par un gringalet… le
Loup ?… et un colosse… là Linus donnait sa langue au chat. Les trois
nouveaux venus restèrent pendant quelques instants pétrifiés devant la
découverte de Linus.
-
C'est… C'est…, balbutia le colosse.
-
Le chevalier du Bélier ? suggéra Linus.
Linus
songea alors que s'il avait avancé que deux plus deux était égal à onze,
l'autre ne l'aurait pas regardé autrement.
-
Bien sûr que non ! C'est Shura ! Le chevalier du Capricorne !
Etait-il
sot ! On était dans la maison du Bélier, et naturellement on trouvait là
le gardien de la onzième maison du Zodiaque, agonisant. Comment n'avait-il pas
compris cela immédiatement ? Linus s'écarta pour laisser approcher les
autres chevaliers qui étaient également revenus sur leurs pas. Il se passait
des choses vraiment bizarres au sanctuaire d'Athéna… Peut-être devrait-il en avertir
Hermès…
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Canon
frappa rageusement le panneau de métal qui lui barrait la route. Rien à
faire ! Cette maudite porte ne s'ouvrirait pas. Dire qu'il sentait la
présence d'Athéna juste de l'autre coté ! La seule chose rassurante dans
tout cela, c'est qu'à aucun moment il n'avait senti la présence d'un ennemi
dans le périple qui l'avait amené jusqu'à Giudecca. L'autre, Talies, lui avait
dit que tous les spectres avaient été tués, mais il ne savait pas jusqu'à quel
point il pouvait lui faire confiance bien qu'il l'ait guidé sans faire de
difficultés jusqu'au temple d'Hadès. En revanche, il pouvait se fier à ses
sens. Et ses sens lui disaient… qu'il avait parlé trop vite !!!
Rapide
comme l'éclair, Canon fit volte-face. Talies était assis sur la dernière marche
de l'escalier. En dehors de lui, aucune présence visible… ni sensible ! Le
malaise qui avait saisi Canon s'était dissipé presque à l'instant même où il
était apparu. Le jumeau de Saga fut surpris de se sentir frissonner. Ca,
c'était quelque chose qui ne lui était pas arrivé depuis longtemps !
De
l'autre coté de la porte le cosmos d'Athéna brillait toujours calmement. Canon
s'assit le dos appuyé à la paroi de métal, déploya ses 7 sens et commença sa
veille.
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Linus
s'éloigna du groupe qui entourait le corps du chevalier des Poissons. Ils
étaient dans la maison du Cancer. Dans celle du Taureau, ils avaient découvert
les chevaliers du Verseau et de la Balance. Dans celle des Gémeaux, il y avait
le corps de Seiya, le chevalier Pégase. Ce nom là, Linus ne risquait pas de
l'oublier ! On le lui avait hurlé à la figure pendant au moins une heure.
La jeune fille blonde avait suivit les gardes qui emportaient à l'infirmerie le
corps de Seiya, son frère s'il avait bien compris. Tous les autres avaient
poursuivi l'ascension des douze maisons pour voir si d'autres chevaliers
étaient réapparus.
La
sortie de la maison du Cancer était en vue et Linus se dit qu'il serait
agréable de prendre un peu l'air pendant que les autres continuaient de
commenter l'état de santé des Poissons. A quelques pas des dernières colonnes
du temple, Linus découvrit l'autre corps. Il soupira. Il ignorait s'il
s'agissait encore une fois d'un chevalier, mais ce qui était sûr c'est qu'on ne
pouvait plus rien faire pour celui-ci. Le corps ne portait qu'une seule
blessure, une entaille sanglante au milieu de la gorge. Faite d'un seul coup et
avec une lame bien aiguisé, nota Linus. Pas comme les ecchymoses des précédents
chevaliers…
Soupirant
une nouvelle fois, Linus appela ses compagnons. Marine fut la première à
arriver. Sous son masque, Linus devina qu'elle palissait.
-
C'est quel chevalier ?
-
Ce n'est pas un chevalier. C'est un garde du sanctuaire que j'ai envoyé ce
matin porter un message au capitaine de la garde, à la salle du Grand Pope.
Alors
l'homme avait été tué à l'intérieur du sanctuaire. Regardant les visages autour
de lui, Linus comprit que tous s'étaient fait la même réflexion : il y
avait un ennemi au sein du sanctuaire ! Et Athéna n'était pas là !
Qui plus est d'autres chevaliers blessés, incapables de se défendre, pouvaient
se trouver dans les autres maisons…
Sans
un mot, les chevaliers s'élancèrent vers la maison du Lion, et Linus les suivit
sans rechigner, sans hésiter.