Chapitre 5 : La sauterelle cauchemardesque
Boris
En arrivant au château je compris que quelque chose clochait. Il y avait des
dizaines de garde par terre. Ce devait être l'œuvre du bourreau de
Christopher. Nous savions où le trouver, il devait être dans la salle bleue
(qu'on appelle également salle du grand escalier à cause du grand escalier
mais je préfère l'appeler salle bleue en hommage aux tentures bleues qu'on y
accroche les jours de fête …. comment ? Tout le monde s'en fiche ?Alors on
continue).
Nous traversâmes rapidement une multitude de salles pour arriver à notre but.
Le chevalier du phoque gisait par terre dans un sale état au milieu d'une mare
de sang (est-il utile de préciser que son armure était réduite en confettis
?).
Et en haut de l'escalier se dressait un homme aux cheveux verts(un vert comme
celui des épinards qu'on mange à la cantine). Il portait une armure en terre
cuite verte.
Ses yeux étaient terrifiants, il avait un regard de prédateur.
Et à côté de lui se trouvait Natassia ligotée et bâillonnée. Et histoire
de lui faire peur il l'avait accroché au lustre de droite(car nous avons mis
deux lustres autour du grand escalier pour illuminer cette immense salle). Il y
avait 30 mètres entre elle et le sol. J'avais senti que ces trois malades étaient
un peu dingue mais en fait je crois qu'ils regardaient un peu trop la télé.
" _Lequel d'entre vous est Alexer ?
_Aucun des deux. Relâche Natassia et viens te battre.
_Non j'ai promis de tuer les dirigeants de Blue Graad et comme vous avez supprimé
mes amis je vais m'assurer que vous allez souffrir avant de mourir.
_Nous ne te laisserons pas faire. Tes plans machiavéliques ne se réaliseront
jamais car la justice triomphe toujours de l'oppresseur ! (Moi aussi je regarde
trop la télé).
_Sans blague ! Moi Orthoptère chevalier de la Sauterelle je vais vous écraser.
_Pour qui travailles-tu mercenaire ?
_Imbéciles ! Je ne suis pas un mercenaire. Je suis un chevalier de Ceres.
_Impossible ! Ce sont des paysans qui aident les hommes.
_La majorité oui, mais je fais partie de la section " Fléaux DE LA NATURE
"
_Pourquoi Cérès aurait-elle une équipe pareille ?
_Pour punir ceux qui lui manquent de respect. Vous les humains vous utilisez des
engrais ou d'autres choses qui insultent la nature. Et quand vous récoltez vos
moissons vous vous félicitez sans penser à remercier les dieux. Par contre
quand vous avez des problèmes vous maudissez l'olympe dix fois par jour.
_Euh, mec, on est au XX ème siècle là. Plus personne ne croit à la
mythologie.
_Oui ! C'est gravissime, maintenant vous adorez l'ARGENT. Alors qu'il n'est pas
un dieu. Vous vénérez la SCIENCE.
_Un chevalier de Cérès devrait apprécier la science puisqu'elle aide nos
cultures.
_Blasphème ! Qui êtes-vous donc pour défendre cet épouvantail qu'est la
science ?
_Je suis Vladimir, chevalier de l'ours polaire.
_Et moi Boris du pingouin.
_C'est vous qui avez vaincu Sahara ?
_Naturellement !
_Vous serez peut-être plus efficace que votre défunt ami. "
C'en était trop ! Vladimir se lança en courant dans les escaliers. Il arriva
en haut en quelques secondes, et moi j'avais trébuché sur un garde (je suis
pas chevalier du Pingouin pour rien !).
Orthoptère décocha un coup de pied dans la tête de Vlad qui continua
d'avancer, malgré le sang qui ruisselait dans ses cheveux blonds et sur son
visage.
" LA PATTE DE L'OURS POLAIRE "
L'autre esquiva le coup facilement et enchaîna avec un mawasha geri* magistral.
Vlad fracassa le garde-fou, tomba dans le vide et s'écrasa par terre.
*Mawasha geri est un coup en arts martiaux qui consiste à faire un tour sur
soi-même et frapper l'adversaire à la tête avec son pied dans un mouvement
circulaire.
Là !J'étais très mal !Seul contre ce monstre ! J'avais déjà eu du mal avec
l'autre. Mais même dans les cas désespérés je garde confiance en moi.
Quoique ! A l'époque où nous croyions être invincibles nous n'avions jamais
peur, mais maintenant que nous devions affronter des adversaires terrifiants. Je
comprenais maintenant ce que c'est que le courage. Ce n'est pas une absence de
peur, au contraire, c'est agir, se battre quelque soient les dangers.
C'est vaincre la peur. Je risque de perdre et de mourir. Tant pis ! Je suis un
chevalier. Et de toutes façons, il ne résistera pas à mon illusion !
" ILLUSION DU PINGOUIN "
Mon rayon vert jaillit de mon doigt et fila vers l'autre guignol en vert.
Il leva son bras comme pour Excalibur mais tourna le dos de sa main vers moi.
" LAME DE LA SAUTERELLE "
Mon rayon fut renvoyé vers moi mais je réussis à l'éviter. Bon plus le choix
je dois le vaincre.
" LA BOTTE DU PINGOUIN "
Je fis un bond de 30 mètres de haut et mon coup de pied traversa mon ennemi.
J'AI GAGNE !!! BLUE GRAAD EST SAUVE ! JE SUIS UN Héros NATIONAL !
Je regardais vers le bas de l'escalier où je voyais mes deux compagnons se
relever.
Une minute ! Quelque chose cloche !
Tout ce qui m'arrive me semble normal, je suis calme, je suis content, je n'ai
plus peur. Tout ce qui fait ma tristesse s'est envolé. Bizarre ! Comment ai-je
pu vaincre avec mon coup minable celui qui a vaincu mes amis. Et Christopher était
mort !Que fait-il debout ?
Je crois que j'ai saisi. En fait j'ai été frappé par mon illusion mais je
l'ai oublié. Bon il faut que j'en sorte avant que l'autre plante verte me
transforme en engrais. Je suis bloqué dans ce monde mais seulement mon esprit.
Une partie de moi voudrait rester mais ma conscience me pousse à me battre (si
on m'avait dit, il y a un an, que j'avais une conscience j'aurais ris un
moment).
J'étais dans un rêve, il fallait que j'en sorte, et je connaissais un
excellent moyen. Je me frappais de toutes mes forces.
Alexer
J'arrivais en vue du château, plus que trois minutes et j'y serai. Soudain une
ombre emplit le ciel. Une éclipse. Mauvais présage.
Tiens c'est bizarre je n'en avais pas entendu parler à la météo. (Eh oui ! En
tant que responsable des champs je dois suivre la météo).
Il fallait que j'accélère, je sentais l'énergie de mes compagnons décliner
dangereusement. Je remontais en courant la longue avenue qui menait au château,
je dépassai les grilles( que quelqu'un avait mis en morceaux), je traversais
les " jardins " (toutes les fleurs avaient disparu, d'ailleurs on ne
voyait plus un brin de verdure). Des gardes gisaient un peu partout, visiblement
cet ennemi était dangereux.
J'entrai, toujours en courant dans l'immense hall du château. C'était pire que
dehors !
Il y avait une dizaine de gardes assommés et toute la décoration était en
miettes.Les statues, les tableaux, les tentures, les fresques, TOUT était en
morceaux.A la limite je m'en fichais (vous savez l'art et moi ça fait deux)
mais ça me fit prendre conscience que l'ennemi aimait la violence gratuite (un
soldat d'Ares ? Non !).
Je m'arrêtai un instant pour rependre mon souffle (cette scène me l'avait coupé).
Boris
J'étais par terre. Et pas loin gisaient mes compagnons. J'étais revenu dans la
Réalité. Et le chevalier du criquet attendait visiblement que je me relève.
Je ne pouvais pas abandonner, il me restait ma botte secrète. Elle ne marche
pas sur les animaux, uniquement sur les humains. C'est mon attaque
psychologique.
" TREMPETTE "
Rien. Je n'avais pas bougé. Je n'avais pas lancé d'éclairs ou de boules de
feu. Je rigolais intérieurement parce que mon adversaire était visiblement déconcerté
par cette attaque qui ne faisait rien. Et c'était là toute la subtilité !
Faire croire à l'ennemi qu'on l'a eu. Car l'inconnu est une peur commune à
tous les humains. Ils préfèrent affronter un ennemi connu plutôt que
l'inconnu.
Je gravissais lentement les marches avec l'air du chevalier qui a déjà gagné.
J'affichais un sourire confiant quasi inébranlable.
Et l'autre était terrifié. Il recula.
" BOTTE DU PINGOUIN "
Mon coup l'avait fait tombé et il semblait très énervé. A mon avis il avait
compris que je m'étais moqué de lui et ça semblait l'énerver. Il disparut !
Et boum ! Je sentis un uppercut me frapper douloureusement. Je roulai dans
l'escalier en me prenant toutes les marches (quel est l'imbécile qui en a mis
autant ?).
" _Adieu imbécile ! NUAGE DE SAUTERELLES "
Un tourbillon noir se forma autour de moi. C'est comme si un cauchemar s'était
abattu sur moi. Mais cette fois c'était la réalité et ce nuage noir
d'insectes bourdonnants m'emprisonnait. Je ne pouvais plus respirer !
" BLUE IMPULSE ! "