Guerre des Cités
Chapitre 11
La Liste
C’était
l’Olympe.
Foudroyant
paysage, enivrant parfum de féerie qui émergeait des prémices de premières
particules lumineuses de l’astre du jour. Il s’était levé depuis un certain
moment. Les douze Cités Célestes éparpillées aux quatre coins du Royaume des
Dieux dissipaient la brume matinale et accueillaient la lumière. Mais les
rayons d’aujourd’hui sont chargés. Ce sont les premiers rayons du jour de
Guerre. C’est le jour du quatrième anniversaire de la mort d’un Dieu. C’est le
jour où les gardiens du Cycle Sombre, le cycle de l’Ombre, choisissent de, eux
aussi, profiter de ce privilège de se voir baignés par la radiance du Char
d’Hélios.
Ils
se sont dévoilés à la lumière du jour. Athéna a tué Hadès, quatre années de
cela. Le cycle de la vengeance est en cours. Il court vers sa Cité.
Cité
Céleste.
Le
Domaine de la Déesse de la Sagesse, le Sanctuaire Céleste d’Athéna, voyait à
ses pieds une armée d’êtres vils, noirs comme leurs âmes et vident comme leurs
yeux, corrompus et déchus. Un homme
seul leur faisait face, il s’observaient depuis un moment déjà. Plus loin à la
montée des marches, la Première Maison, celle du Bélier, vide, mais son sol
vibrait, tremblait de peur et de triste douleur. En suivant la montée des marches
on arrive à la Deuxième Maison du Zodiaque, celle du Taureau, dévastée et
blessée par des traces de lutte, son sol dallé et recouvert de débris
ressentait encore plus fort cette secousse infernale.
On
n’ose plus monter. On n’ose plus s’aventurer plus loin, cette Troisième Maison,
celle des Gémeaux abrite en son sein toute la haine, toute cette douleur
gangrenée sur toute la Cité d’Athéna. Alors on avance doucement, on monte les
marches, une à une. On ressent ce cosmos effroyable se propager et déployer les
sons des ténèbres de toute part.
Oui,
tu vois cette entrée, sans porte, tu la vois distinctement… tes yeux sont
aveuglés par les rayons et les éclairs que tu perçois dans la pénombre que
dissimule cet antre. Et pourtant, il faut y aller, il faut aller voir,
affronter ces images invraisemblables
et ces cris perçants. Oui, maintenant, avance. N’aie pas peur. Ils ne te
verront pas. Entre dans la Troisième Maison des Gémeaux. Il fait toujours
sombre, tu n’y vois presque rien, mais les voix que tu entends sont bien
réelles. Elles deviennent stridentes, assourdissantes, pénétrant tes entrailles
jusqu’à glacer tes os.
Tu
ne les entends plus, mais tu arrives, enfin, à analyser la situation. Deux
êtres s’affrontent. Et toi, tu les regardes, tu les observes. Ils se cherchent,
se parlent, se défient. L’un d’entre eux t’impressionne. C’est normal. Il est
là dans ce sens. Il porte une épée, avec laquelle il arrive à produire des
éclairs bleuâtres aveuglants. Il n’a peur de rien. Rien n’évoque pour lui la peur.
Ses yeux ont abandonné toute forme de vie, d’empathie. Il est vêtu d’une armure
bleutée, elle aussi, avec des reliures dorées qui font songer aux pierres
précieuses de lapis-lazuli.
Tu
observes l’autre opposant. Il a un regard strict et déterminé. Mais il paraît
juste. Tu devines que c’est le Gardien légitime de cette Maison des Gémeaux. Il
en porte l’armure, brillante comme la lumière qui regagne les lieux.
Soudain,
l’épée transperce l’homme à l’armure d’or. Mais il retient l’épée. Et tu
entends dans un fracas de pierres qui volent sous la puissance des cosmos
conjugués et s’entrechoquant : « Galaxian… Explosion ! ».
Le flash est éblouissant. Tu ne peux voir ce qu’il se passe ensuite. Mais tu
entends, un chant. Une musique d’une mélancolie radieuse, à la fois douce et
profonde, portée par une voix lointaine. Tu réussis à en distinguer quelques
mots : « Frère contre frère… Pierre contre pierre… Etoile contre
étoile… Tu renaîtras en paix… ». Mais qui ? Qui peut produire une mélodie
aussi vertigineuse ?
On
redescend les marches du Sanctuaire Céleste d’Athéna. Aux pieds des marches
devant la Maison du Bélier, tu aperçois très vite un homme seul faire face à
plusieurs individus. Mais on n’a pas le temps. On se dirige vers la Source du
Chant. Il faut faire vite. Vite.
Nous
traversons les roches et les plaines, les fleuves et les champs de fleurs. En
chemin tu vois des troupes se diriger vers la Cité d’Athéna. Tu reconnais un
homme portant l’armure Divine en lapis-lazuli symbolisant la justice. Il est
accompagné de huit chevaliers d’argents. Ils seront bientôt aux pieds des
marches du Sanctuaire Céleste d’Athéna. Ne t’en fais pas pour eux. Poursuivons.
Nous
arrivons dans une forêt. Est-ce que cela vient de cette Forêt de la Vie ?
Non. Cela vient d’encore plus loin. D’ailleurs, on remonte vers la Cité
d’Artémis, Amazone. Ce n’est pas ici. Ici, tout est voué au goût du Sombre,
trop tard. La clé de l’Amazone est tombée aux mains de l’ennemi. Artémis,
vaincue dans son sommeil, aucun chant de l’a éveillée.
Allons
encore plus loin, vers la Cité de l’Atlantide, Temple Céleste de Poséidon. Une
Cité entourée d’une baie d’eau, des décors aquatiques, mais il semble que la
mélodie ne provienne pas d’ici. Alors revenons sur nos pas. Allons vers
Héraclite, la Cité Céleste d’Héraclès. Le Colisée d’abord. Il est détruit, à
moitié, un corps y repose. Une femme trompée et blessée, défunte mais… libérée.
C’est Stella de Cassiopée, ensevelie sous une couche de pétales de roses.
Continuons.
Nous
arrivons vers une Crevasse. Tu y vois un autre jeune homme vêtu de cette même
armure de lapis-lazuli, des chaînes lui parcourant les bras, il est en
compagnie d'un autre guerrier. Un chevalier d’or, c’est l’Aquarius Saint. Le
chevalier à l’armure éclatante de lumière a les cheveux de même couleur, des
yeux bleus qui sont dirigés aussi vers la lune d’Athéna. Ils courent ensemble.
Mais le chant ne provient pas d’ici, non plus.
Allons un peu plus loin, devançons leur marche. Et devant eux, deux autres êtres se dirigent aussi dans cette direction. L’un est vêtu d’une armure d’or, tu peux voir deux boucliers sur ces avant-bras et un casque en effigie de tigre. L’autre porte une protection étrange avec des griffes dorées sur ces poings. Ils vont, eux aussi, vers le Sanctuaire Céleste d’Athéna. Quelque chose d’important doit s’y produire. Quelque chose de vital.
Et
toujours ce chant. Toujours cette voix. Faire demi-tour, aller vers
Delphes ? Non. Ce n’est pas là-bas non plus. La voix provient de la Cité d’Héraclite. Des portes
du Palais d’Héraclès, tu vois sortir Sindar. C’est le Gardien de la Cité
Céleste d’Héraclite, et aujourd’hui il affronte son destin. Derrière lui,
beaucoup plus loin dans la chambre du Palais, une femme plus âgée chante en sa
gloire. C’est la gloire du destin.
Temple de Phénicie :
Un
écho retentit sur les parois décorées de hiéroglyphes du temple Céleste de
Phénicie. Le bruit se propagea dans toute la demeure. L’écho devint secousse.
Un tremblement réveilla les murs endormis et fit chuter les quelques
sarcophages contenant des prisonniers, ces âmes errantes. Toute âme qui se perd
se verra récupérée par le chasseur : Horus, Gardien Céleste de la
Divination.
_Je
reconnais ces vibrations… dit Horus, c’est encore lui, Kanon. Je l’ai laissé
partir mais finalement je le regrette. Tant pis, s’il se sacrifie j’en ai plein
d’autres qui attendent leur tour. Je me demande ce que je vais en faire… De
toute manière je suis le seul à en décider, n’est ce pas, Oiseau de Feu ?
_A
votre service, votre Majesté, répondit un homme portant sur lui une armure
rappelant un oiseau immortel.
_Longtemps
que j’attendais cela, poursuivit Horus. Trop longtemps. Et je crois que l’on va
enfin avoir droit à de la distraction. Un des chevaliers d’Athéna a trouvé le
passage qui mène jusqu’ici. Héraclès s’imagine que je vais lui faire subir des
épreuves ! Oui, ce sera une épreuve, c’est sûr. Une épreuve dont l’unique
issue est l’emprisonnement définitif de son âme !
_Je
me charge de ce chevalier d’Athéna, Seigneur.
_S’il
vient avec l’armure divine, proche de la Kamui, tu seras prié de reculer, il
viendra pour moi. Dans le cas contraire, amuse-toi bien !
_Je
vous remercie de votre confiance, Majesté.
Soudain,
le temple de Phénicie accueillit une vague de chaleur étouffante. Le sol, les
murs, tout devint brûlant au paroxysme. Les deux protagonistes demeurant dans
la salle principale du Temple, se regardèrent béats.
_Qu’est
ce que c’est ? dit le Serviteur, s’agit-il de cette explosion de cosmos
brutale au Sanctuaire d’Athéna que nous ressentirions jusqu’ici ?
_Non,
non… Cette nouvelle vague est bien plus proche que l’énergie de Kanon, lui
répondit Horus en secouant la tête, elle viendrait de notre Temple même…
_Mais
alors, cela signifierait que… ?
_Il
est ici. Il est venu rejoindre Athéna. Comme toujours, il est seul. Comme
toujours, il apparaît derrière un rideau de flammes.
_Comme
jamais, je l’attends. Comme jamais, les flammes de mon cosmos brûlent. Pour
toujours, il sera prisonnier du temps.
_Akh
du Héron de Feu… se prononça Horus d’un air énigmatique, tu lui voues donc une
haine que pas même toi n’es en mesure de comprendre…
_Sa
présence est une erreur, il n’aurait jamais du voir le jour. Il a revêtu cette
armure, le premier et il en payera le prix. Puisque cette armure a été
constituée dans le but de ne jamais être portée !
_Il
semble que cette armure fut créée dans le but de mettre un handicap au nombre
de chevaliers d’Athéna, dit Horus sur un ton neutre, elle a été forgée par des
alchimistes rebelles à cette déesse, et elle reposait sur l’île de la Reine
Morte…
_Oui,
et tous les apprentis se succédant dans l’espoir de se voir un jour vêtu de
cette armure maudite se voyaient subir des tortures inhumaines pendant tout
leur séjour sur l’île, et aucun d’entre eux n’était parvenu à accomplir ce
prodige… Le miracle de revêtir cette armure et faire don de son âme, car la
malédiction de cette cuirasse est tout aussi immortelle que le Phénix, dit Akh.
_Le
sacrifice de son âme, le dévouement à la haine, le parricide du Maître, la
légende du Phénix est celle du sang et des flammes !
Une explosion succéda à la vague de chaleur et des filets de feu apparurent se propageant dans la salle de Phénicie, une silhouette se dessina derrière le mur de flammes. Un vent se souleva et chassa les dernières étincelles. L’homme qui venait d’arriver était celui attendu : Ikki, le Chevalier du Phénix.
Les
trois hommes occupant la salle décorée de sarcophages, restèrent muets pendants
quelques instants. Le regard, brûlant et pétrifiant du nouvel arrivant
déstabilisa Akh et Horus. Le mur de feu n’était rien comparé à la prestance du
Phénix. La respiration des trois personnages rythmait et berçait les secondes.
Le silence finit par nuire au Héron de Feu, son aura se fit perfide et
fallacieuse. Akh articula les présentations.
_Le
Phénix… tu es venu comme témoin de ta propre exécution par le véritable Oiseau
de Feu !
Horus
recula et prit place sur un des sarcophages. Finalement l’allure du Chevalier
d’Athéna le rassura.
_Je
vois que la première erreur a été réparée… s’amusa Horus, les armures de
bronzes ayant reçu du sang divin et élevées pratiquement au rang des Kamui sont
redevenues ce qu’elles étaient. C’est bien ce que je pensais : l’effet du
sang d’Athéna est temporaire. Il s’agissait d’un emprunt. Tu as fait tout ce
chemin jusqu’à nous pour réparer l’autre erreur, c’est à dire toi, phénix.
Ikki
dans un premier temps, resta muet. Puis, il finit par soupirer et esquisser un
rire sarcastique.
_Tu
vois, tu as devant toi, Akh du Héron, poursuivit Horus, il sera ton passeur
pour le monde des morts, et la légende du Phénix sera, à jamais, bannie de tous
les mythes. Accepte ton destin : de celui qui n’aurait jamais dû voir le
jour !
Ikki
prit un air de désolation, il entama une avancée vers celui censé être son
bourreau. Horus continuait son monologue.
_Tu
as sans doute voulu faire diversion en quittant le rassemblement des chevaliers
pour le départ de l’Olympe, mais tu ne nous tromperas pas, tu ne nous tromperas
jamais ! Depuis le début je t’attends, ici. C’est moi qui t’avais donné
les indices pour que tu rejoignes la Pyramide de Khéops en Egypte, celle là
même qui ouvre un passage vers notre monde. Maintenant que tu es dans la
confidence, tu es de trop. N’est-ce pas assez de raisons de t’envoyer ad
patres, tu ne trouves pas ?
Ikki
se mit à courte distance du Guerrier de Feu à l’armure du Héron. Après un
ultime soupir il s’adressa à son désigné passeur de l’Achéron.
_Je
veux que tu empruntes l’un des différents passages sur lesquels s’ouvre le
Temple de Phénicie, et que tu disparaisses.
_…Volontiers…
Je repartirai avec ton cadavre ! ironisa Akh.
Sans
attendre un poing se dirigea en direction de Ikki. Akh jubilait à l’idée de
passer à l’action. Mais son attaque prévisible échoua dans la paume du Phénix.
Le Chevalier d’Athéna serra le poing de son adversaire. L’armure noire du Héron
commençait à se craqueler.
_Soit
tu fais semblant de ne pas comprendre, soit tu es complètement idiot… dit Ikki
en regardant Akh dans les yeux.
_Tu
oublies la troisième solution : je suis ton bourreau ! cria Akh,
dérouté devant la prestance de son opposant.
Ikki,
sur ces mots, brisa la main de Akh dont les os émirent des craquements
ignobles. Le serviteur d’Horus hurla de tout son œsophage tel le giclement de
son sang. Le Héron se brûla une aile.
_Tu
pourras toujours te remettre d’une main cassée, mais tu ne te remettras pas de
mon prochain coup si tu persistes, rajouta Ikki en fermant les yeux.
Horus,
spectateur du désastre, se leva, car il sentit, par intuition, la suite des
événements.
_Tu
subiras mon châtiment, Phénix ! Reçois le CREPUSCULE INCANDESCENT !
hurla Akh.
Une
vague incandescente rappelant le crépuscule du Nil, s’enveloppa autour du
Phénix et une espèce de tourbillon de liquide couleur sanguine se forma. Akh,
sa main droite hors service, envoya sa gauche percuter le plastron de Ikki,
l’Athéna Saint se trouvait, à deux mètres à peine. Mais son bras, brusquement,
s’arrêta et son armure se décomposa. La tornade de feu et de Nil s’estompa, et
le Chevalier de Bronze se découvrit sans aucun dommage causé par l’attaque du
serviteur de Horus, le doigt pointé en avant.
Un
rayon se fit visible entre son doigt et la tempe de l’arrogant adversaire. Les
pupilles de l’opposant du Phénix disparurent. Le chevalier d’Athéna entreprit
quelques pas, il dépassa le corps de son vis à vis toujours immobile. Une fois
le Chevalier de Bronze statique, Akh s’écroula, défait et sa protection en
mille morceaux éparpillés.
Sanctuaire Céleste d’Athéna,
Maison des Gémeaux :
Une
explosion d’une force inestimable propagea les secousses dans tout le
Sanctuaire, voire même au-delà. Kanon resserra l’étreinte fatale sur son
adversaire. L’épée de Melkor était toujours plantée en lui, le dévorant de
souffrances. Malgré cela, tout cela, il
était prêt au sacrifice.
Il
déclencha son coup fatal. Le plus terrible. Il tenta d’en finir avec Melkor de
la même façon qu’il tenta d’abattre Rhadamanthe dans les Enfers.
Milo
se releva, au même moment, sortant de sa léthargie défaitiste. Et il voyait
devant ses yeux, son frère d’armes offrir sa vie au service d’Athéna. Scorpius
Saint tenait à peine debout. Il s’appuya sur une colonne. Le Saint du Scorpion
se protégea le visage de l’éblouissement de l’attaque. Mais cette puissance s’estompait peu à peu, comme
aspirée…Le « Galaxian Explosion », envoyé à bout portant, s’engouffra
dans une espèce de trou noir béant.… ?
_Black
Hole Trap ! ! ! hurla Melkor, toujours aux prises avec le Gemini
Saint.
_Comment,
mais c’est le piège du Trou Noir ! ? articula Kanon comme il pouvait,
c’est la même technique qu’utilisait Actéon !
_Je
vois que la fameuse légende qu’une technique similaire ne marcherait pas deux
fois sur un chevalier a enfin prouvé ses limites ! dit Melkor.
Le
Chevalier d’or des Gémeaux fut, tout à coup, saisi d’une lubie. Il agrippa davantage
son opposant, que l’épée s’enfonça dans sa chair jusqu’au manche. Le liquide
rouge désormais recouvrait aussi
l’armure bleutée du Gardien Céleste de la Force. Kanon enserra Melkor en
joignant ses deux mains, dans le dos de son adversaire. Il serra très fort.
_Arrête,
veux-tu… dit nonchalamment Melkor, tu vois bien que tu ne pourras jamais venir
à bout de moi de cette manière ! Ne sois pas plus ridicule que tu ne l’es
déjà ! Même ton pseudo sacrifice n’aura, finalement, servi à rien !
Kanon
n’écoutait plus. Il avait d’ores et déjà perdu ses cinq sens en acceptant que
l’arme Céleste vienne perforer son corps. Il impulsa son cosmos, et ce fut par
le biais de celui-ci qu’il communiqua avec Milo.
« Milo,
Chevalier du Scorpion. La vie d’Athéna repose, maintenant, entre tes
mains ! »
_Kanon !
reprit Milo, que fais-tu ?
« Je
sais tout, à présent. Je sais comment il réussit, depuis le début, à déjouer
nos attaques… Cette Maison est la même que celle du Sanctuaire Terrestre, c’est
un labyrinthe qui donne sur d’autres dimensions… En temps normal, seul le
Chevalier des Gémeaux, Gardien de ce Temple, peut interagir avec ces dimensions
parallèles… Mais les Gardiens Célestes sont très puissants, et l’esprit qui
manipule Melkor, l’est encore plus ! Toutes nos attaques ont été
réduites ! Parce que nous les projetions dans un autre espace-temps !
Autrement dit, à chaque fois que nous lui portions une attaque notre puissance
était réduite au moins de moitié, grâce à l’espèce d’aura couleur arc-en-ciel,
il nous projetait sans cesse dans le temps via les brèches de dimensions qui
peuvent s’ouvrir d’ici ! ! ! »
_Maintenant
tout est clair ! s’insurgea Milo, depuis le début il a évité le combat, en
vérité sa fameuse «force » n’équivaut pas la nôtre !
Un
rire démoniaque se fit entendre dans toute la Maison. C’était l’esprit
demeurant à l’intérieur de Melkor.
_Vous
remontez un peu dans mon estime… rit à nouveau l’esprit, mais ça ne suffira pas
à vous sauver la vie !
« Milo ! ! !
Il ne peut ouvrir les brèches si
j’intensifie mon cosmos et que je lui bloque toute issue échappatoire ! Je
vais le retenir ! Porte-lui l’Aiguille Ecarlate ! Il ne pourra pas
l’esquiver en la réduisant ! ! ! Vas-y ! »
_Kanon,
tu… balbutia Milo.
_Ca
ne servira à rien ! Tu m’as déjà porté tes vulgaires piqûres
d’insecte ! Elles ne me feront aucun effet ! vivifia l’esprit.
« Milo,
Chevalier d’Athéna, fais ton devoir… »
_Kanon,
je ne peux pas… Si je porte mon attaque, elle te sera fatale aussi…
Le
corps de Melkor essaya de se débattre par tous les moyens. Il lâcha l’épée
plantée dans l’abdomen de Kanon et porta une succession de coups d’une violence
inhumaine… Mais Gemini Saint intensifia encore son cosmos. Un tourbillon de
lumière entoura le Gold et le Gardien Céleste, coupant court à toute issue spatio-temporelle.
Sous une pluie d’atrocités, l’aura de Kanon prononçait ses dernières volontés.
« Tu
es un chevalier d’Athéna ! Tu n’avais pas hésité à me frapper par cette
aiguille pour graver en moi, le sens de mon existence et me laver de mes
souillures passées à jamais ! Tu m’avais redonné le souffle d’une seconde
vie ! C’est toi, Milo qui m’a fait chevalier d’Athéna… Alors, pourquoi,
hésites-tu ! ? Je t’offre ma vie, tu dois le frapper à travers mon
corps pour l’atteindre … Sinon, tout ce que nous avons accompli jusqu’ici,
n’aurait servi à rien ! Chevalier d’or, Milo du Scorpion, je te somme de
faire ton devoir ! ! ! »
A
cet ordre, l’armure des Gémeaux quitta le corps de Kanon pour prendre place au
centre de la Maison, juste derrière le Chevalier du Scorpion. Melkor tentait
d’étrangler le Saint d’Athéna, mais ce dernier ne lâchait toujours pas prise…
_Tu
te crois supérieur au divinités, hein ! ? écuma la voix de Melkor,
mais tu n’as encore rien vu, pauvre mortel ! Je ne te laisserai pas
gâcher, ce que nous tentons d’instaurer depuis des millénaires ! Le
« Temps » vous induit en erreur ! Ne vois-tu pas que tu es
manipulé par « tes Dieux » ?
Kanon
n’écoutait plus rien. Longtemps déjà que son âme avait entamé le détachement de
son corps.
« Chevalier
du Scorpion… Je préfère périr par ta main que par la sienne… Adieu, vaillant
Chevalier de Lumière… »
Milo
se dressa, son aura fut sublimée. Une chaleur dorée, un vent de paix vint
tournoyer dans tout le Temple. L’index du Scorpion devint rouge sanguinolent.
Il se mit en position. Il s’apprêta à porter le coup fatal à Melkor, ainsi qu’à
Kanon. Une détermination sans bornes se lisait sur son visage. Il fit un pas en
avant.
_Très
bien, dit Milo sur un ton neutre.
Aux abords de la Cité
Céleste d’Athéna :
Un
flash provenant d’un cosmos traversa de part en part le Chevalier d’or de
Libra, Shiryu. Il s’arrêta net. Le Guerrier Divin l’accompagnant, Fenrir
d’Epsilon, l’imita.
_As-tu
senti, comme moi, ce malaise que j’éprouve ? dit Shiryu
_Oui,
cela provient de la Cité Céleste vers laquelle nous nous dirigeons… lui
répondit Fenrir relevant la visière de son casque.
_Je
connais ce cosmos… poursuivit Libra Saint, c’est celui d’un chevalier d’or… Si
c’est celui auquel je pense, je ne comprends pas… Pourquoi est-il revenu… ?
_Pour
mourir à nouveau… souffla Fenrir.
_Comment ?
_Lorsqu’une
âme se réveille, meurtrie, elle vivra dans la douleur mais s’en ira bénie…
_Tu
veux dire que Kanon s’est réveillé, ici, dans l’Olympe, dans le seul but de
mourir à nouveau ?
_Il
existe une légende chez le peuple du Nord qui illustre bien le destin de ce
guerrier, dit Fenrir, tu la connais très bien.
_Alors
Kanon suit le terrible destin de son frère, Saga…
Au milieu des roches :
Shun
et Hyoga percevaient à merveille, le Domaine Céleste d’Athéna, puisqu’ils
admiraient la Cité de leur déesse des hauteurs d’un rocher. Mais tout à coup,
tel un coup de tonnerre, un cosmos s’empara de leurs esprits pour les toucher
en plein cœur.
_Hyoga !
cria Shun vêtu de sa fraîche armure en lapis-lazuli.
_Je
l’ai ressenti, également, le rassura le Chevalier d’or du Verseau.
_Que
se passe-t-il au Sanctuaire Céleste de notre déesse ? demanda Shun.
_Il
est certain qu’Athéna est en danger… dit Hyoga, et un cosmos familier est
revenu des années d’errance pour la protéger, mais désormais il est sur le
point d’abdiquer.
_J’ai
cette impression aussi… reprit Shun, je crois savoir de qui il s’agit.
_Kanon…
est-ce ainsi que tu vas prendre ta revanche sur la vie ?
Sanctuaire Céleste d’Athéna,
Maison des Gémeaux :
_Très
bien, dit Milo sur un ton neutre.
Mais lorsqu’il prononça ces mots, comme une seconde explosion, des larmes jaillirent. Le Chevalier d’or du Scorpion se mentait par l’action, trahissant par ses yeux son émotion. Il gardait pourtant, son air sûr et déterminé. Le liquide coulant sur ses joues lui était étranger, telle un Cité des Cieux inondée.
_Que
fais-tu ! ? Tu tueras, à coup sûr, Kanon et Melkor ! Mais il n’y
a aucune chance que tu
m’atteignes ! rajouta l’esprit à l’intérieur de Melkor.
« Adieu,
Milo… Car cette fois, c’est bien la fin… Saga, je serai bientôt là. »
_
Un homme peut changer, un homme peut mûrir, un homme peut renaître pour trouver
la force de mourir… termina Milo.
Une
décharge de lumière décora de splendeur toute la Maison des Gémeaux. La lueur
de la justice s’embrasa dans les yeux de Milo. Elle réchauffa ses rivages de
larmes glacés. Scorpius Saint commença sa course vers les deux êtres entourés
de feu du sacrifice. Une étincelle rouge mit en valeur son ongle, son arme
d’exécution. Il hurla de toute sa rage.
_SCAAAAAAAARLEEETO
NEEEEEEEDLE ! ! ! Scarlet Needle… Scarlet Needle… Scarlet
Needle… résonna la
sentence de Milo dans toute l’enceinte de la Déesse de la Sagesse.
Quatorze coups brillants de couleurs écarlates partirent telles des étoiles filantes et transpercèrent l’homme sans armure et son opposant à l’armure bleue. Mais les deux ne vacillèrent pas. Kanon ne pouvait plus crier de douleur, son enveloppe charnelle était inerte, mais l’emprise sur Melkor était toujours incroyablement et efficacement tenue. Milo enchaîna avec son coup fatal. Et à cet instant, il déploya toute la puissance dont était doté son cosmos. La couleur écarlate portée par son index se reflétait dans les perles de larmes qu’il versait.
_Adieu,
Kanon… chuchota Milo pour ensuite hausser le ton, Shenku No Shôgeki : ANTARES ! ! !
Le
rayon transperça le Saint suicidaire, ainsi que le désigné du trépas. Cette
fois, la puissance de l’attaque était bien réelle. Cette fois, aucune issue.
L’ultime Aiguille fut d’une telle violence que l’étreinte de Kanon se relâcha.
Melkor vola littéralement à une vingtaine de mètres en arrière, tandis que Milo
récupérait Kanon dans ses bras.
Voilà.
Silence.
Plus aucun son dans la demeure des Gémeaux sinon la poussière tergiversante se dissipant telle la brume matinale au
lever du soleil.
_Kanon…
Pourquoi… ? marmonna Milo.
Soudain
Gemini Saint ouvrit instantanément les yeux. Il vit le visage de Milo. Celui-ci
le rassura, et à travers un ultime sourire, et un ultime effort il articula son
dernier adieu au monde des vivants : « Petit Frère… ». Puis il
referma les yeux, une dernière fois.
*
Sentant
une violente douleur les transpercer, comme une aiguille, Mû, Aiolia et Shaka
abandonnèrent leurs Maisons respectives. Ils descendirent les marches
prestement et arrivèrent à la demeure des Gémeaux. Ils ne tardèrent guère à
apercevoir Milo. Le Chevalier d’or sortant de la Troisième Maison, il portait
le corps d’un défunt. Il avait le regard perdu, rivé droit devant. Les trois nouveaux
venus reconnurent le frère de Saga.
_Alors
c’était bien lui… dit Aiolia.
Milo
continua d’avancer et restait silencieux. Shaka se profilait en retrait, il
devina aisément ce qui venait de se passer. Le Scorpion devança les trois
autres chevaliers d’or.
_Mi…
Milo ! réitéra le Chevalier d’or du Lion.
Scorpius
Saint stoppa sa marche. Il tourna la tête. Les trois autres purent distinguer
clairement le visage éreinté de leur compère, parsemé d’éraflures en tous
genres. Il jeta un œil vif et véhément qui signifiait tous ses sentiments.
Aiolia détourna les yeux par pudeur. Mû ferma les siens, imitant Shaka.
Milo
monta une marche, puis une deuxième et s’immobilisa sur la troisième. Il baigna
sa chevelure dans la brise matinale se mêlant à la couleur du ciel. Il huma
l’air frais et se prononça.
_Paix
à son âme, et à celle de son frère, Saga… Et que son corps connaisse, enfin, la
gloire de reposer dans le Temple Céleste d’Athéna !
Milo
poursuivit la remontée des marches vers le Palais de la déesse de la Sagesse.
Il se disait que chacun de ses pas d’aujourd’hui, rapprocheraient Kanon du
Paradis.
*
Temple Céleste de
Phénicie :
Ikki,
le Chevalier d’Athéna se tenait en position du vainqueur, bien connue :
celle de la neutralité totale. Les plumes de Phénix, traînantes sur le sol,
suivaient l’ombre qui reflétait le mouvement entrepris par Ikki : celui de
se diriger vers Horus, le Gardien Céleste de la Divination.
_Ton
insolence est pathétique… dit Horus en baissant le regard, tu croyais vraiment
sortir indemne de l’attaque de Akh… ? Regarde à travers ton armure…
Ikki
sentit une brutale douleur le paralyser. Elle lui rappela… les Chevaliers Noirs
de l’île de la Reine Morte !
_Comment ?
rétorqua Ikki, je ne peux y croire… sur ma peau à travers mon armure, des
tâches pourpres… Mais, c’est le pouvoir du Météore du Pégase Noir !
_Tout
à fait… prononça Horus, « défaire son adversaire en le consumant de
l’intérieur »… ou alors : « la mort à petit feu »… pas mal
non ? Ce sont des sortilèges élaborés par les Chevaliers rebelles à
Athéna, jadis sous tes ordres…
_Je…
je ne peux plus bouger… tenta d’articuler Ikki.
_Parfaitement…
Je me demande comment des misérables, comme toi, avaient pu venir à bout d’un
Dieu dont la puissance égalait celle d’un Olympien… Enfin, tout ceci ne te
concerne plus, puisque je n’aurais même pas à me salir les mains… Maintenant
que l’Ombre est en marche, et que tout le monde est convaincu de mon allégeance
envers Héraclès et Athéna… personne ne prêtera attention à mes actes…
_Ho…
Horus… Tu as fait semblant depuis le début… Ton crime ne restera pas
impuni !
_Du
calme, Phénix, dors tranquille pendant que ton cosmos servira à nourrir et
réveiller la déesse Isis… J’ai préparé un sarcophage spécialement pour toi, tu
ne vas quand même pas me décevoir, Ikki ?
A
cet instant, ils ressentirent tous deux la morsure de douleur que toute
l’Olympe perçut : l’explosion et l’extinction d’une étoile filante…
_Parfait,
en voilà un de moins… Maintenant le Sombre ne va pas tarder à annoncer la
« Liste » !
_…Co…
Comment ! ?
Ikki
rampait et son visage prit la couleur pourpre de son sang maudit…
Sanctuaire Céleste d’Athéna,
Maison des Gémeaux :
Shaka
se retourna d’un coup sec dans la direction du Temple duquel venait de sortir
Milo. Sans dire un mot, il entra d’une cadence calme et régulière dans la
Maison des Gémeaux. Mû, d’abord stupéfait, se décida à le suivre. Aiolia les
contempla, ne comprenant pas le sens de leurs actions.
_Attendez !
Maintenant que nous savons ce qui s’est passé, nous devrions retourner dans nos
maisons respectives ! dit Aiolia, serrant son poing.
Mû
s’arrêta.
_Moi
je vais regagner la mienne, dit Mû : changement de stratégie. Aiolia, ne
ressens-tu pas ce cosmos aux marches de notre Sanctuaire ? Ne ressens-tu
pas l’esprit qui était à l’intérieur de Melkor ? Il faut y aller…
Aries
Saint partit en courant rejoindre Shaka dans la Maison des Gémeaux… Il pénétra
dans la pénombre. Il fut, précédé d’Aiolia. Lorsqu’ils rejoignirent tous deux
le Chevalier d’or de la Vierge, il était assit en tailleur au centre de la
demeure de Gémini.
_Shaka !
dit le chevalier d’or du Lion, que fais-tu ?
_Je
crois comprendre, maintenant… reprit Mû, Aiolia, suis-moi !
_Oui,
Mû, rajouta Shaka, partez devant ! Aiolia, tu vas surveiller Melkor qui
est allongé sur le parvis de cette maison, Mû, tu vas rejoindre la tienne,
maintenant que ton armure est réparée…
_Et
toi, que vas-tu faire ? demanda Aiolia.
_Je
vais rester ici, répondit Shaka sur un ton calme, il ne faut surtout pas qu’il
rejoigne la Maison du Cancer…
_Comment ?
l’interrogea Aiolia, je ne comprends rien ! Qui ne doit pas gagner la
Maison du Cancer ? Si tu parles de Melkor, il me semble qu’il a été vaincu
par Kanon et Milo !
_Non…
dit Shaka en baissant la tête, ils ont juste évité le pire… Mais une épreuve des
plus difficiles nous attend, bientôt…
Aries
Saint ne tarda pas plus longtemps. Il courut vers la sortie, toujours précédé
d’Aiolia, ce dernier affichait une mine de sceptique. Mais à la sortie de la
Maison, Mû continua vers la Maison du Taureau, alors que Aiolia se retrouva en
face de Melkor, toujours debout.
*
Shaka,
en position du lotus au centre de la Maison des Gémeaux, concentra son aura et
émit des vagues d’énergie dorées qui s’évaporaient vers les murs. Ces mélanges
de couleurs, créant d’elles-mêmes des frasques bouddhistes, éclairèrent le lieu
assombri. Des hauts pétales de lotus se déployèrent, autour du Chevalier de la
Vierge. Le Saint à l’armure d’or, et aux cheveux couleur de blé, avait des
allures de Nectar Divin, centré dans la fleur. Toute la demeure de Gemini fut
éprise du charme de la Vierge. Le cosmos du Chevalier enivra toutes les issues,
même dimensionnelles, du légendaire labyrinthe du Temple Céleste des Gémeaux.
_Crois-tu
qu’il faille que j’utilise d’autres manières pour te forcer à te montrer ?
lança Shaka avec vigueur, tu ne peux pas m’échapper…
_A
qui crois-tu avoir affaire, Chevalier d’Athéna ? résonna une voix des
ténèbres, tu pensais sûrement que je voulais me cacher…? Me prendrais-tu pour
un lâche ! ?
_Je
ne pense pas que tu sois un lâche, j’en suis persuadé, vivifia Shaka, tu as
donc besoin de prendre le corps d’un autre, d’écraser son âme sous ta
haine ? Pourquoi as-tu si peur de te montrer depuis le début ?
Un
rire lointain s’étouffant sous des échos se fit entendre. Ce rire semblait
traverser les dimensions. La voix des ténèbres reprit.
_J’attendais
seulement que tu laisses partir tes deux sbires. Dans le but que toi et moi
nous réglions nos comptes à l’abri, personne ne t’entendra mourir, Shaka !
_Quelle
est la raison pour laquelle tu es venu jusqu’ici ? dit Shaka, il me
semblait t’avoir enfermé à jamais dans les enfers, lorsque toi et les tiens
êtes venus me défier, moi et l’ordre de la chevalerie d’Athéna sur Terre !
_Lorsque Athéna a vaincu le Seigneur des
Ténèbres, les Enfers étaient voués à la destruction mais ta déesse a empêché
cela, pour éviter que des âmes déchues ne se libèrent. Mais elle a pris un
sérieux risque en faisant cela. Celui d’encourir le courroux des Euménides, les
Déesses de la Vengeance qui ne tardèrent pas à passer à l’acte ! La
violente secousse qui pulvérisa le Temple d’Hadès dans l’Elision fit écho
jusqu’à l’endroit où nous étions enfermés, condamnés à subir vos vices pour
l’éternité !
_Je
comprends, dit Shaka, les Enfers et Elision sont reliés par le fleuve Lethé,
mais les Enfers sont aussi reliés par le fleuve du Styx à cet autre endroit…
qui fut le tien !
_Parfaitement,
les Euménides nous ont libéré du Tartare ! C’est la partie qui
n’appartient ni aux enfers, ni à l’île des bienheureux qu’est l’Elision !
C’est à cet endroit qu’on enferme ceux qui se sont opposés à l’omniscience des
Dieux !
_C’était
ton destin d’y être prisonnier, puisque tu portes le nom de celui qui a osé
mettre en doute la parole divine ! cria Shaka, toi, le Titan maudit, Tityos ! ! !
_Je
te reconnais bien, Chevalier de la Vierge, il y a dix-neuf ans de cela lorsque
les Titans dirigés par Cronos, sont venus défier Athéna, tu avais déjà un
savoir et un cosmos hors du commun ! Mais ceci ne te suffiras pas !
Car tu n’as pas idée de ce qu’il advient des êtres au Tartare ! Et lorsque
j’ai su que toi et d’autres chevaliers d’or n’avaient pas tous péris sous
l’impact de la Roue du Zodiaque, devant le Mur des Lamentations, j’ai tout de
suite compris qu’il n’y avait qu’un seul endroit où vous pouviez aller…
_Non,
Tityos, répondit Shaka, nous n’avions pas fui le combat comme tout porte à le
croire…
«Les
Douze Chevaliers d’or qui formaient la Garde d’honneur de la déesse Athéna se
retrouvèrent devant le Mur des Lamentations. Ce barrage indestructible
permettait d’atteindre Elision. Notre déité avait déjà pris la décision de s’y
rendre pour combattre Hadès. Il était impératif qu’au moins un seul d’entre
nous franchisse cet obstacle pour remettre l’armure Divine à Athéna. »
« Il
était dit, et écrit, dans la mythologie que seuls les rayons du Soleil
pourraient détruire le Mur des Lamentations situé dans le monde des ténèbres.
Alors nous, chevaliers d’or dont les constellations baignaient depuis les temps
immémoriaux dans les rayons du Soleil, nous décidâmes de nous réunir au complet
pour reproduire à petite échelle la puissance de l’astre du jour… »
« Ainsi
nous créâmes une brèche dans le Mur des Lamentations… C’était étrange car, une
telle puissance aurait dû détruire le Mur entièrement, et non laisser un simple
trou. L’explication est simple : nous avons été sauvé par nos ennemis, par
notre ennemi. Minos a ouvert la porte de Giudecca, et a ainsi pu libérer une
grande partie du choc et réduire l’impact que ce cosmos aurait du produire sur nous… »
« Le
Juge avait survécu, nous l’avions vu se diriger vers la brèche pour barrer une
ultime fois le passage aux Chevaliers de Bronze. Quant à nous, l’issue pour
certains fut irréversible. Saga, Masque de Mort, Shura, Aphrodite, Aldébaran,
Camus et Aioros étaient déjà morts, seules leurs âmes étaient revenues pour
nous apporter une ultime aide. Ainsi sont ils retournés au repos éternel. Les
armures avaient quitté nos corps pour nous servir d’Ultime Bouclier. Aiolia,
Mû, Milo, Dokho et moi-même, avons été projetés au loin et nous nous avions
repris conscience, une fois l’Ultime Eclipse arrêtée, grâce à l’exploit de
Seiya et les autres. »
_Très
intéressant ton récit, Shaka, coupa Tityos, bien que je connaisse déjà la
suite… Mais écoute bien ce qu’il va se passer aux marches de ton Sanctuaire… je
crois que l’Ombre va enfin dévoiler son identité et désigner ses victimes par
la « Liste » !
_ « La
Liste »… Mais alors…
Aux marches du Sanctuaire
Céleste d’Athéna :
Auron resta immobile pendant tout ce temps où les ombres arrivèrent par centaines devant la Première Maison du Zodiaque, celle du Bélier. Mais tout à coup, l’un d’eux qui se présentait aisément comme leur leader hurla d’une voix caverneuse.
_Peuple
de l’Olympe, je vous prends à témoin car je vais déclarer devant vous, la
raison de ma présence en ces lieux ! Je suis Ixion, l’Eclair de la
Destruction, je fus enfermé, banni, torturé et enchaîné à la Roue de la
Punition dans la Tartare ! Je suis venu, revenu, de l’Enfer pour châtier les
coupables, dont la Liste est l’appel vers le Cycle du Sombre, ceux que je vais
énumérer connaissent déjà la raison de ma présence ! Ils n’ont plus le
choix, car ils ont entrevu leur propre honte à travers les yeux de ceux qui
leur sont censés être fidèles. Maintenant les têtes vont tomber ! Voici la
Liste :
Artémis,
Déesse Chaste et Chasseresse, l’Amazone est ton Sanctuaire, mais ton aura est
la peste !
Héphaïstos,
Dieu de la Forge et du Métal, tes armes sont solides, indestructibles, mais ta
source est le Mal !
Poséidon, Dieu
des Mers et des Océans, tu caches tes monstres sous les eaux car tu souhaites
le néant !
Aphrodite,
Déesse de la Beauté, tu es la pire des traîtresses, perfide langue de serpent,
dans ton cœur tout est laid !
Déméter,
Déesse des Moissons, tu plantes les graines qui pourrissent la Terre pour
toutes les saisons !
Arès, Dieu de
la Guerre, la haine et la sang sont tes yeux, tes mots d’ordre…
éphémères !
Hestia, Déesse
de la Féminité, réduisant l’opposant à l’esclavage ta vision du monde n’est que
le fruit de ta cécité !
Hermès, Dieu
Fourbe et Voleur, je te condamne au malheur et c’est mon épée qui sera le
reflet de ta propre Peur !
Héra, Déesse de
l’Ordre, épouse infâme, femme déchue, tu ne mérites que le mépris et le
désordre !
Athéna, Déesse
de la Sagesse et de la Paix, celle qui se voile et qui n’ose dévoiler sa
véritable identité !
Et…
Héraclès,
Mortel Intronisé au Banquet des Dieux, sache pour ta gouverne que tu vis tes
derniers jours heureux, la Roue de la Punition t’attends, là où tu l’avais laissée
pour moi !
N’ayez
crainte, vous serez, dans peu de temps, effacés…
_Je
suis Ixion, Eclair de la Destruction de la vermine pour la Justice ! Ceci
est ma Liste de la Guerre des Cités !