Guerre des Cités
Chapitre 14
Premier
Rideau
_Nous ne te dirons rien !
_Et notre mort ne répondra pas à ta question !
Les deux Silver Saints ne reculaient pas devant leur
opposant pourtant vêtu d’une armure de caste supérieure. Ils se mirent en garde
en faisant prudemment glisser leur pied droit vers l’avant. Deux armures
d’argent firent face à une armure d’or évoquant un animal aquatique.
Le Chevalier d’Or passa sa main gauche dans sa chevelure gris-argentée et dévoila son visage décoré d’un grain de beauté. Chaque geste du Saint doré faisait naître des frémissements d’angoisse chez les deux Chevaliers d’Argent. L’exécuteur se tourna, finalement, de face. Il tenait, dans sa main droite, une splendide rose rouge. Elle lui donnait l’allure d’un éphèbe mais aussi d’un impitoyable guerrier.
_Je ne vais pas m’entêter à vous répéter la même
question, dit l’homme à la rose, cependant sachez une chose : vos vies ne
signifient rien. Strictement rien. Etant donné que je n’aurais absolument aucun
mal à vous tuer, ce n’est pas dans votre intérêt de résister…
_Nous n’avons plus aucun lien avec le
Sanctuaire ! Ce lieu n’est plus le culte de nos valeurs ! rétorqua le
premier des Chevaliers d’argent.
_Plus aucun lien… reprit l’homme à la rose, tant que
vous porterez ces armures, vous serez en rapport avec le Sanctuaire
Sacré ! Alors obéissez ou mourrez !
_Puisque tu es Chevalier d’Or, intervint le second Silver Saint, tu ne devrais pas avoir besoin de nous pour retrouver ceux qu’on t’a envoyé chercher !
_Certes, répondit le Saint à la rose, si le temps ne
m’était pas compté… Je dois retourner défendre la route des Douze Maisons avant
demain. Lorsque le soleil sera au zénith, les renégats de Bronze viendront
profaner notre Domaine. Le Pope souhaite se débarrasser de tous les alliés de
ces traîtres ! Et certains parmi eux possèdent un cosmos équivalent à
l’élite de la Chevalerie. Je sens d’ici que le combat entre Albior et Milo
s’éternise… Il est de mon devoir d’exécuter Cédalion d’Orion et Orphée de la
Lyre !
_Tu recherches Orphée et Cédalion mais tu te
retrouves devant Cypris et Hélénos… Je crains que tu n’exécutes personne,
aujourd’hui, fanfaronna Cypris de l’Oiseau du Paradis.
_Je vais t’aider, ironisa Hélénos en s’adressant au
Chevalier d’Or, cela fait des années que personne n’a de nouvelles du
légendaire Saint de la Lyre et même si tu es Aphrodite des Poissons, tu n’es
pas de taille contre Cédalion d’Orion !
_Tu connais très bien la récompense de ton
« aide »… termina Aphrodite.
Il mit la tige de la rose entre ses dents. Il ne
parlerait plus, sinon par ses attaques meurtrières. Les deux cibles de la fleur
sanguinaire invoquèrent leurs cosmos. Ils passeraient à l’offensive les
premiers. Mais les roses noires serviraient de protection optimale à Aphrodite
des Poissons. Et ces mêmes fleurs d’onyx iraient perforer les armures d’argent
pour laisser Cypris et Hélénos couverts d’éclats argentés et de liquide
écarlate. Deux vies manquèrent de s’éteindre sur cette île secrète, annexe du
Sanctuaire, de l’archipel grec.
*
Dohko, Gardien Lunaire de la Justice au service des Dieux de l’Olympe contemplait l’échec cuisant de sa barrière de protection. Non d’une barrière physique mais bien d’un bouclier psychique qu’il mit en place pour éviter à ces jeunes Chevaliers d’Argent d’y laisser la vie. Une seule vie perdue est synonyme d’échec. Pourtant, l’illustration défaitiste gisait étalée au sol.
L’attaque que la troupe, se dirigeant vers la Cité
Céleste d’Athéna, reçut de plein fouet fut fatale à l’un d’entre eux. Ainsi
tomba Polydectès de Persée. Sans avoir touché ou vaincu un seul ennemi. Il ne
serait pas intronisé à l’autel des héros de la Chevalerie d’Athéna. Il n’aurait
été rien d’autre qu’un pion victime de la folie qui consumait les plaines de
l’Olympe.
Mais le temps n’attendait pas. Non, il n’attendrait pas. Le groupe devait rejoindre la Cité de la Déesse et ne pas regarder en arrière, ne pas se retourner sur l’échec : pour éviter qu’il se reproduise. Dohko recouvrit le corps du défunt avec sa cape.
Le reste des Silver Saints se recueillit rapidement
et quitta les lieux, sans un éveil de soupçon. Sans jamais avoir remarqué une
seule seconde que l’assassin se tenait là, tout près.
Le Gardien Lunaire de la Justice connaissait la
tournure prochaine des événements au Sanctuaire Céleste de la déesse de la
Sagesse. Il fallait faire vite. Encore une fois. Et le groupe disparut dans le
brouillard translucide, effacé derrière la ligne d’horizon.
Personne ne les voyait s’éloigner et laisser le mort
sur la plaine. Personne, sauf le meurtrier de Polydectès. Il laissa
délibérément Dohko et les autres, aller rejoindre Athéna. Ce qu’il voulait, il
l’avait : un mort pour attirer une prochaine victime.
Et la proie fit aussitôt son apparition : Ikki,
le Gardien Lunaire de l’Immortalité. Son armure bleue et dorée éclairait le
lieu maussade. Là où le blanc du néant régnait répandant son épaisse fumée.
L’armure du frère de Shun était celle destinée à l’un des Guerriers de Zeus.
L’un des Cinquante Gardiens du Temps, anciennement au service de Cronos.
Soudain le brouillard se dissipa entièrement.
L’ex-Chevalier d’Athéna put, enfin, distinguer le paysage verdoyant qui
l’entourait. Ainsi, se dessina avec les pinceaux de lumière la composante de
son armure taillée de pierre de lapis-lazuli, elle rappelait étrangement celle
du Phénix. Avait-elle le même pouvoir de régénération ? Lui
permettrait-elle de renaître de ses cendres comme durant les batailles
d’antan ?
Il l’espérait. Mais il n’eut guère d’espoir pour le corps sans vie allongé et recouvert d’un voile blanc à ses pieds. Ikki reconnut l’armure d’argent de Persée. Un Chevalier d’Athéna venait de tomber, l’un des premiers mais sans doute pas le dernier.
Alors qu’il songeait à élucider le mystère, un être
surgit de nulle part. C’était l’exécuteur de Rhadamanthe et de
Polydectès : Aristée, fils d’Apollon, Gardien Lunaire de la Musique. Ses
cheveux roux et ondulés recouvraient les épaulettes de l’armure bleutée, son
visage sculpté par des traits fins affichait un air des plus arrogants. Son regard
méprisant rabaissait ses opposants. C’était sa seule façon de s’élever, après
tout. Et sa minuscule bouche souriait en permanence comme une lame aiguisée
qu’on planterait dans le dos.
Peu se sentiraient à l’aise devant une telle
arrogance. Mais Ikki était dans son élément, difficile de rivaliser sur ce
terrain avec l’ex-Chevalier de Bronze.
Le Gardien de l’Immortalité voyait un tableau
représentant parfaitement ses obstacles et objectifs. Au premier plan, le fils
d’Apollon, Aristée le narguait déjà, rien que par sa présence. Aux pieds du
Gardien Lunaire de la Musique gisait le corps sans vie de l’un de ses alliés,
Polydectès de Persée. Derrière eux, la verdure enveloppait le chemin guidant
vers le Sanctuaire Céleste d’Athéna, parfaitement perceptible sur les hauteurs
d’une colline surplombant la Cité Céleste et portuaire d’Athènes.
Ikki choisit de jouer la carte de l’indifférence,
l’odieux personnage devant lui ne méritait pas plus. Il marcha plusieurs pas,
le dépassant, comme si son supposé adversaire n’existait pas. D’ailleurs
Aristée n’esquissa pas un geste. Lorsque Ikki se retrouva dans son dos, le fils
d’Apollon rit aux éclats. Le Gardien de l’Immortalité se figea jetant un regard
du coin de l’œil.
_Vraiment… ironisa Aristée, vous êtes extraordinaires !
Exceptionnels !
_Ah oui ? sourit faussement Ikki à son tour.
_Crois-tu que la réponse se trouve forcément dans la
Cité d’Athéna ?
_Je n’ai rien à te dire.
_Comme tu veux. Je tiens juste à t’informer que je
suis le grand vainqueur d’aujourd’hui !
_Je suis très content pour toi.
_Mais tu peux l’être, surtout si je t’apprenais les
noms qui figurent sur ma liste, en plus de celui qui vient de rendre l’âme…
_Si pour toi tout ceci n’est qu’un jeu, tu finiras
comme tes victimes.
_J’en doute. Tous furent défaits dans le déshonneur.
D’abord, Polydectès de Persée, qui ne mérite pas son titre de Silver !
Ensuite Rhadamanthe du Wyvern, qui s’est imaginé pénétrer dans la Grotte de
l’Oracle en toute impunité ! Thétis et Sorrente ont offert une lamentable
prestation au combat. Fenrir d’Epsilon, qui n’avait rien à faire ici, mais qui
a protégé Shiryu au péril de sa vie. Très admirable, certes. Et puis, je ne
compte même pas les autres Généraux de Poséidon que je n’ai eu aucun mérite à
écraser.
Ikki cessa de montrer son profil à son interlocuteur
et se tourna, finalement, de face.
_Je suppose que tu te présentes face à moi pour que
je te fasse payer ces vies auxquelles tu as mis fin ?
_Parmi tous ceux dont j’ai eu l’immense plaisir de
faire la connaissance, tu restes mon préféré. Et puis si tu voyais leurs
yeux ! Leurs yeux lorsqu’ils savaient qu’ils se dirigeaient droit vers la
mort ! J’avais trouvé ça splendide !
_Tu supprimes les Généraux de Poséidon, un Juge des
Enfers et tu t’en prends aussi à la garde d’Athéna. Tous les dieux sont donc
tes ennemis ?
_Oh que non ! Ce sont eux, les ennemis des
dieux voyons !
_Ou les gêneurs de ceux qui veulent tromper les
Olympiens et piller leurs Cités des Clés Célestes.
_Des Clés dont tu ne connais pas la forme, ni le
but… Et tu fais erreur jeune Chevalier car je combats les forces de l’Ombre.
_Ne me fais pas rire, tu as exécuté des innocents
qui ont offert leurs vies pour nous protéger de l’inhumanité que tu répands sur
les Cieux Sacrés des Dieux !
_Je doute qu’ils étaient si innocents que ça. Peu
importe s’ils savaient ou pas ce que l’Ombre est venue chercher. Mais en tout
cas ils accomplissaient la Volonté des Forces des Ténèbres ! Ils étaient
corrompus ! Tous au Service du Sombre ! Tous ont tenté de s’emparer
des Clés Célestes ! En me débarrassant de cette vermine je n’ai fait que
mon devoir… Celui qui sera peut être le tien, Ikki, si tu parviens à réussir
les épreuves qui feront de toi un Gardien Lunaire de l’ordre des Cinquante
Lunaisons, représentants du Cycle du Temps.
_Je le suis déjà. J’ai vaincu Horus de la
Divination. L’armure de lapis-lazuli m’a reconnu comme son porteur légitime.
_Voilà ce que j’attendais, dit amèrement Aristée,
c’est là que tu te trompes, Chevalier, tu n’es pas Gardien Lunaire. Tu es juste
prisonnier.
_Si tu préfères que je te fasse une démonstration…
Le Gardien d’Athéna arma son poing et enflamma son
cosmos, ce qui amusa encore plus Aristée. Le Garde de la Lune Musicale envoya
aussitôt une décharge d’énergie couleur arc-en-ciel dans l’abdomen d’Ikki. Le jeune
homme s’écroula comme un quintal de métal. Il semblait ne plus pouvoir se
relever. Sa protection pesait.
_Mon pauvre Ikki, tu croyais vraiment que ce serait
aussi facile qu’avec Horus ? Maintenant que tu es bien sagement
allongé et inoffensif, écoute-moi : tu n’as jamais vaincu Horus. Ceci dit,
toutes tes techniques d’illusions se sont révélées efficaces. Tu avais réussi à
lui faire tuer son propre serviteur, Akh du Héron et lui faire avouer son plan,
ingénieux par ailleurs. Mais tu as commis une grave erreur qui aurait pu
s’avérer fatale. Horus était bien plus puissant que toi. Malgré les apparences,
il renfermait en lui une force qui aurait pu t’anéantir cent fois. Horus était
un Gardien Lunaire. Et même un Chevalier d’Or d’Athéna ne peut lui faire face.
Alors penses-tu un Chevalier de Bronze… ? Au fait, je n’avais pas fini ma
liste tout à l’heure : celui qui a tué Horus, c’était encore moi. J’ai
assisté à votre combat. Tu ne m’as pas déçu, Ikki. Tu possèdes véritablement la
force et la volonté nécessaire pour faire partie de notre caste. Mais au moment
où Horus s’apprêtait à te donner un coup fatal, j’ai été obligé d’intervenir.
Il était déjà mort lorsque les Ailes du Phénix percutèrent son corps.
Le Chevalier d’Athéna écumait de rage. Il n’avait pas
pour habitude de se faire berner. Cette fois, il réalisa qu’il n’était qu’un
pion bien inférieur aux combattants olympiens.
Mais sa fierté et sa vanité reprirent le dessus.
_Même s’il était plus puissant que moi j’en serai
venu à bout !
_Peut-être mais ce n’était pas le cas. Tu parlais du
phénomène du Transfert, lorsqu’un Gold périssait. Sache qu’un Garde Céleste
obéit aux même lois ! Si tu veux devenir Gardien Lunaire, alors tu dois
tuer un Gardien Lunaire !
_Je suis et je resterai un Chevalier d’Athéna !
cria Ikki paralysé à terre, je ne marcherai pas dans tes bassesses !
Aristée n’ironisait plus. Il prit un air sérieux, ce
qui lui donnait un tout autre charisme. Il s’agenouilla près d’Ikki.
_Tu sais, « Chevalier d’Athéna » l’armure
que tu portes est vraiment lourde et tu veux savoir pourquoi ?
_…
_Parce que tu n’es pas Gardien Lunaire et tu es
victime du dernier piège du vil Horus. N’oublie pas que c’est son armure qui
vint te recouvrir et se fondre avec la tienne. Ce que tu avais pris pour un
changement de caste n’est qu’un envoûtement de plus. Sans mon aide tu resteras
à jamais prisonnier et tu mourras comme les autres. Mais si tu jures de
combattre les forces de l’Ombre à mes côtés alors je ferais de toi le véritable
Gardien de l’Immortalité ! Comme Xénios a fait de ton frère le Treizième
Gardien, celui de l’Innocence !
_Je ne peux pas te pardonner tous les crimes que tu
as commis…
_Polydectès n’était pas le Saint de Persée, c’était un espion au service de nos ennemis. Tu pensais vraiment que je laisserai les autres passer, sinon ?
Ikki n’écoutait pas Aristée. Malgré l’immobilité le
maintenant à terre, il parvint à bouger quelque peu. Il brûla son cosmos à
l’extrême. Cette intensité lui permit tout juste de bouger lentement ses bras
et de ramper en direction du Sanctuaire Céleste d’Athéna.
_Ne sois pas ridicule ! cria Aristée, pourquoi
refuses-tu de voir la vérité en face ! ?
_Non, tu ne m’auras pas ! Même prisonnier ou
mort, j’irais rejoindre les miens et celle que je dois servir et
protéger !
_Je ne t’ai pas tout dit, Ikki, sur les Clés des
Cités Célestes et les Gardiens Lunaires, écoute-moi bien…
*
Une arène.
Un véritable ring improvisé constitué d’un cercle de
deux camps antagonistes cherchait un vainqueur ou des réponses à des questions
jamais posées. Le parvis de la Maison du Bélier n’avait vu, déjà, que trop de
batailles. Elle réclamait la paix. Mais ne récolterait que le sang d’un duel
fratricide.
Deux Chevaliers d’Or, le Sagittaire et le Verseau,
tous deux au service de la Gardienne de ce Sanctuaire Céleste se faisaient
face. Ils venaient de se relever après s’être à chacun infligé des dommages
légers. L’atmosphère pesait aussi.
Les Gardiens Lunaires, dirigés par Melkor,
s’empressaient de se replier. Hyoga n’était pas de leur avis. Ce dernier
prenait à goût à cet affrontement. Pour Seiya, c’était un… dégoût
significatif. Le Sagittaire lisait en son frère comme dans un livre qu’il
aurait écrit. Le Verseau tentait de gagner du temps. Il était dans l’attente de
quelque chose. Mais quoi ?
_Hyoga ! lâcha Seiya, tu ne peux plus
m’infliger de douleur.
_C’est bien pour cela que mes techniques de combat
consistent à ralentir les activités atomiques et non les détruire.
_Non, je ne peux plus souffrir.
_Je peux te démontrer le contraire, Seiya.
- On dit que lorsqu’un être souffre, tout ce qui ne
le tue pas, le rend plus fort. Durant toutes les batailles que j’ai menées,
grâce à toutes ces blessures qui ont saigné, j’ai toujours pensé qu’un jour je
ne sentirai plus la douleur. Et c’est le cas aujourd’hui, pour que je sente les
coups, il faudrait qu’ils soient l’équivalent de la puissance de l’épée des
Illusions d’Hadès ! Hyoga ! Tu ne peux pas gagner ce combat ! Il
est perdu d’avance ! Alors ôte-toi de mon chemin !
_Je t’ai déjà répondu : je ne bougerai pas.
_Cette fois, Hyoga, tu ne pourras pas parer mes
coups !
_Toutes tes attaques sont prévisibles, tu ne peux
pas m’atteindre avec ça !
_Par les Météores du Sacre ! ! !
Les coups se changèrent en comètes dessinant des
traces lumineuses, elles sortirent par dizaines, par centaines, du poing de
Seiya. Son adversaire essayait de les éviter, tant bien que mal, mais il fut
surpris par la rapidité de la nouvelle rafale.
Hyoga mit ses bras en croix et fit exploser son
cosmos. Un froid envahit instantanément l’arène improvisée. Un mur de glace se
dressa sur la trajectoire des Météores Sacrés. Tous les projectiles
s’écrasèrent sur la défense de glace. Seiya sentait ses membres subir les
effets de la température basse.
_Si notre combat doit durer, c’est le temps qui aura
raison de toi, Seiya, affirma Hyoga.
_Non, je te ferai plier rapidement, ainsi que tous
ceux qui oseront, encore, profaner ces lieux sacrés ! répliqua le
Sagittarius, aussi sec.
_Et comment, comptes-tu t’y prendre dans cet
état ? lui asséna Hyoga.
Le Sagittaire jeta un œil vif sur ses membres inférieurs et constata, avec effroi, qu’ils étaient recouverts d’une fine couche de givre. La membrane de glace se propageait progressivement sur le reste de son corps, l’armure d’or fut ainsi neutralisée.
_Je… je ne peux
presque plus bouger… marmonna Seiya.
_Parfaitement ! s’exclama Hyoga, et si tu
continues tu seras transformé en statue de glace tout comme Shun et Shiryu à
l’entrée du Sanctuaire !
_Shiryu ! Shun… Non, non je ne peux y
croire ! Pourquoi fais-tu ça, Hyoga ! ? C’est impossible !
Impossible que tu trahisses Athéna de la sorte, je refuse de l’admettre… Je ne
vois qu’une seule solution : les forces de l’Ombre ont eu raison de toi,
tu as été corrompu comme les Gardiens Lunaires ! Mais je saurai te faire
entendre raison !
Seiya enflamma son cosmos doré et tenta de briser le
froid qui le paralysait mais il se retrouva très vite à genoux. L’énergie qu’il
essayait de rassembler pour se donner la force de combattre l’abandonna et les
flammes de sa cosmoénergie s’éteignirent aussitôt. Il s’écrasa entièrement sur
le sol comme une carcasse en ferraille.
_Voilà, maintenant nous allons tous attendre la
décision d’Athéna, dit Hyoga s’adressant au reste de la Chevalerie.
Auron, Mû et Aiolia affichaient des mines inquiètes.
Le Gold du Serpentaire et celui du Lion firent un pas chacun pour se présenter
devant le Verseau, devant celui qui les avait trahis. Mais le Bélier les arrêta
en mettant ses deux bras en opposition.
_Attendez, dit Mû, Seiya n’est pas encore vaincu,
vous devriez le savoir…
_Il ne bouge plus depuis quelques secondes, dit
Aiolia, nous devons lui prêter main forte, il doit avoir des remords à
affronter son frère. Moi j’en aurai pas ! Puisqu’il n’est ni mon frère, ni
un allié, il n’est donc plus rien pour moi !
_Aiolia, tu cours vers une défaite certaine, dit
amèrement Mû.
_Ca suffit ! Je sais ce que j’ai à faire !
Le Lion d’Or brûla son cosmos, à son tour, son
visage plus enragé que jamais. Son aura fut tellement puissante que la cape blanche
dans son dos se consuma.
_Je vais te faire regretter tes actes de
trahison ! hurla Aiolia. Même si tu as été un Chevalier exemplaire par le
passé, à présent tu n’es qu’une personne de plus à tuer !
_Il faudra un jour te résoudre à écouter les conseils
de Mû, Aiolia… ironisa Hyoga.
_Ton Mur de Glace ne te protégera pas contre mon
attaque !
Le Leo Gold Saint s’élança tel un fauve sur une
proie, irradiant par son cosmos. On aurait presque pu entendre le Lion rugir de
sa colère et sortir ses griffes meurtrières.
Hyoga se précipita vers son adversaire, également.
Mais il n’arbora pas de position défensive. Ni offensive d’ailleurs. L’Aquarius
Saint était totalement à découvert. Aiolia se tenait prêt à envoyer sa décharge
dévastatrice, une fois que le Verseau serait proximité.
_Lightening Bolt !
Tout se passa en une fraction de seconde, tous les
spectateurs furent aveuglés par la démonstration de puissance du Lion. Un amas
de poussière se souleva. Alors la poussière dissipée, même Melkor et Ixion
furent surpris de voir un mini cratère, creusé par le Lightening Bolt, à
l’endroit où se trouvait Hyoga.
Et lorsqu’ils posèrent les yeux sur Aiolia, ils le
virent entouré, à ses pieds, d’une surface gelée. Devant le Leo Saint, le
Verseau glissait sur les genoux, les deux mains en avant prêtes à agripper les
chevilles de son opposant.
Le Lion voulut réagir. Trop tard, Hyoga se saisit de
ses jambes et l’Emprise de Glace fit rapidement effet jusqu’au bassin. Aiolia
fit usage de son bras droit pour corriger l’arrogant Aquarius Saint, mais ce
dernier le devança en lui plaçant un uppercut dans le menton.
La glace, qui fixait Leo Saint au sol, se craquela.
Hyoga enchaîna par un coup de pied en vrille qui envoya l’inconscient dans les
bras de l’Aries Saint. Mû rattrapa le Lion, et désormais il comprit la raison
de la supériorité d’Aquarius.
_Il n’existe pas de pouvoir absolu, dit Mû les yeux
fermés, il n’existe donc aucune limite.
_Pardon ? l’interrogea Auron fronçant les
sourcils.
Mû déposa délicatement l’inconscient Chevalier du
Lion à terre.
_Un Chevalier de Bronze peut dépasser ses limites en
devenant aussi fort qu’un Chevalier d’Argent, dit l’Aries Saint, et même que
certains Silver Saint possèdent une connaissance du Septième Sens égale à celle
d’un Chevalier d’Or. D’ailleurs, Seiya, Hyoga et les autres ont tous
transgressé les castes pour s’élever au rang de demi-dieu avec l’aide d’Athéna…
_Mais alors, les castes des Chevaliers ne signifient
rien du tout ! s’insurgea Auron.
_Si, reprit Mû, elles définissent les limites. Mais
les règles sont faites pour être transgressées et les limites pour être
dépassées. Et seuls, les êtres d’exception en sont capables. Ceux pour
lesquels, défendre la justesse de leur cause est vital. Alors, même un Gold
peut atteindre le statut d’un demi-dieu. Hyoga lorsqu’il est devenu Bronze
avait largement dépassé son statut. Et en devenant un Chevalier d’Or, il donna
un autre statut à cette caste, un autre point de départ, un nouvel objectif à
atteindre pour passer outre ses propres limites… Nous ne sommes pas de taille à
lutter contre lui.
_Voilà pourquoi, il a terrassé deux Gold Saints si
facilement… se résigna Auron.
_Un seul Gold Saint, dit Mû avec un sourire non
dissimulé.
_Que dites-vous, Maître Mû ?
_Pour faire face à un être d’exception, il faut
quelqu’un de tout aussi exceptionnel ! Ce que je viens de dire concernant
Hyoga est tout aussi vrai pour Seiya !
Sur ces mots, un tourbillon naquit à l’endroit où
était allongé le Sagittarius Saint. Le cosmos qui produisait cette poussée d’énergie
n’avait rien de commun. D’ailleurs, était-ce bien un cosmos ?
_Mais qu’est ce
que… ! ! ! articula Melkor se tenant le ventre avec bras droit
et se protégeant les yeux avec le gauche.
Ixion affichait un sourire. Il leva les yeux vers le
ciel. Et inspira l’air comme signe de satisfaction. Le Gardien de la Force ne
comprenait guère la tournure des événements, ni ce que Ixion semblait
dissimuler.
_C’est le Sacre ! dit le Roi de l’armée venue
défier Athéna.
_Le Sacre ! ? cria Melkor, la Source de
Vie des Dieux ! ? Mais comment peut-il venir en aide à
Seiya ! ?
_Parce qu’il lui vient également en aide… dit
l’Eclair de la Destruction.
Une lumière bleuâtre s’empara du Sagittarius Saint,
la même que lorsqu’il portait l’armure de Pégase. Ce bleu qui s’élève et
s’étend toujours à l’infini ranima son protégé et le releva par la même
occasion.
Hyoga, stupéfait, recula de quelques pas. Par
prudence, il arbora une posture défensive.
_Je vais, enfin, te montrer mon vrai visage, mon
frère ! hurla Seiya.
_Je ne t’en laisserai pas le temps ! cria
Hyoga, Diamond Dust ! ! !
La pluie cristalline s’écrasa sur la lumière bleue
et se dissipa, consumée ou avalée par la lueur du Sacre qui enveloppait Seiya.
_La constellation du Sagittaire est baignée par la
Voie Lactée, dit le Saint ailé, et chaque particule de cosmos provenant de
cette Source rendra justice ! Reçois les Météores du
Sacre ! ! !
_Ice Wall ! ! !
Le mur de glace ne put contenir les nouvelles
projections sacrées. Il se fissura. Le tourbillon qui protégeait Seiya se
changea en tornade accompagnant les Météores du Sagittaire. Hyoga reçut
l’intégralité de l’attaque de plein fouet et fut projeté à une dizaine de
mètres en altitude avant de retomber violemment sur le sol répandant son sang
sur l’autel de la Maison du Bélier.
Le Chevalier du Sagittaire calma la tempête de
cosmos qu’il dégageait et son visage se déforma en un masque ahuri.
_Mais qu’est ce que je viens de faire ! dit-il,
Athéna ! Qu’est ce que je viens de faire ! ?…
Seiya vint s’agenouiller près de Hyoga, son frère
d’armes. Son ami de toujours, son ennemi d’un jour. Il avait, peut-être, suffi
d’un jour… Il ne ressentait plus sa cosmoénergie. Il entendit, à peine, les
voix des deux nouveaux venus.
_Seiya ! cria une voix .
_Seiyaaaaaaaaa ! ! !s’éleva une
nouvelle voix.
_Tu es en vie, Seiya, je l’ai toujours su !
_Mais qui est allongé sans vie, à tes pieds ?
C’est… Non !
_Hyoga ! ! !
_Que s’est-il passé ! ?
L’hériter du Sacre se tourna, enfin, pour voir les
deux nouveaux arrivants qui ne lui étaient pas étrangers. Il reconnut Shiryu
dans son armure de la Balance et Shun dans une protection qui ne ressemblait
pas à ce qu’il avait connu. Mais Seiya ne s’en souciait guère. Par ailleurs,
les deux paraissaient très éprouvés.
_Seiya, demanda Shiryu dans la confusion la plus
totale, j’ai senti un affrontement en montant les marches et les cosmos
s’entrechoquants étaient le tien et celui de Hyoga.
_Nous fûmes enfermés dans un cercueil de glace, dit
Shun avec stupeur, comme son maître l’avait fait avec lui, nous n’avions pas pu
réagir… Est-ce que… Est-ce que vous avez dû livrer un combat ?
_Seiya, dit Shiryu d’un calme résigné, est-ce que…
est-ce que tu l’as tué ! ?
Mais le Sagittaire ne put répondre à cette terrible
question. Il ne savait s’il devait se réjouir de revoir ses frères ou se
morfondre sur le sang versé par son adversaire d’un jour. Shun et Shiryu
partageaient le même désarroi.
Tous les trois fermèrent les yeux, ils pouvaient
combattre tous les Gardiens Lunaires ou Gold Saints mais ils ne purent
affronter la vision du corps sans vie de l’un des leurs. Ils savaient qu’ils
auraient préféré mourir que de voir l’un des frères périr sous leurs yeux. Et
même pire : sous leurs coups.
Shun et Shiryu s’agenouillèrent près de Seiya et
tentèrent de retourner le corps de Hyoga allongé à plat ventre. Mais tout à
coup, le Saint du Sagittaire se leva d’un bond et se précipita en direction de
Melkor.
_Tout ceci, c’est de ta faute ! hurla-t-il de
rage.
_Non, c’est de la tienne, mais tu n’avais fait que
ton devoir et lui aussi, répliqua Melkor avec nonchalance.
_Mensonges ! Tu vas payer !
_Si tu commences à pleurer pour ça, tu n’as pas
fini. Parce que je te préviens, tout de suite : c’est loin d’être terminé.
Seiya transpirait de rage, à l’instar d’Aiolia face à
Hyoga. Toutes les particules de son corps vibraient de colère.
_Arrête ! lui ordonna un individu derrière
Melkor.
_Comment ?
_Arrête, tout de suite ! reprit l’être
mystérieux.
Seiya reconnut Ixion. C’était lui qui donnait
l’ordre au Chevalier d’Or du Sagittaire. Il se permettait de donner des
directives ! Alors qu’il était venu déclarer les hostilités ! Et
pourtant… le Sagittarius Gold Saint lui obéit, et il ne put faire autrement, au
grand étonnement de tous. Et cela pour une raison bien précise : d’Ixion
émanait les lueurs de la Source. La Lumière du Sacre !
L’ancien Chevalier de Bronze de Pégase avait
l’impression d’avoir remonté le temps. Il eut l’étrange sensation de revêtir sa
Pegasus Cloth. Un flash de souvenirs lui revint, immédiatement ! Il connaissait,
déjà, Ixion ! Il ne le connaissait que trop bien !
Pendant que Seiya était neutralisé par l’Eclair de
la Destruction, Melkor en profita pour se diriger vers la dépouille de Hyoga.
Il souleva le corps inerte, sous les regards béats de Shun et Shiryu. Le
Gardien de la Cité d’Héraclite leur tourna le dos et revint vers Ixion, passant
juste à côté de Seiya.
Tous restèrent un moment dans le silence le plus
complet. Les Chevaliers d’Athéna ne trouvaient pas de sens dans les combats qui
venaient d’avoir lieu. Ils ne surent s’ils devaient lutter. Quelle est donc
cette menace qui plane sur les Cités Divines ! ? Quelque part, ils
savaient que la réponse ne saurait tarder.
*
_Ikki, les Gardiens Lunaires ont pour devoir de protéger les êtres divins, autrefois humains qui se sont élevés au statut de dieux !
_Aristée ! Comment expliques-tu que des Gardes
Lunaires se soient faits corrompre par les Monstres du Tartare ! ?
_Ne vois-tu pas la réponse écrite par leurs actes,
Ikki ! ?
_Pourquoi veulent-ils s’emparer des Clés
Divines ! ? Des Joyaux de l’Olympe ! ?
_Voilà ! Voilà ce que j’attendais ! Tu as
tous les éléments en main ! A toi de trouver la solution ! Tout comme
il n’existe de pouvoir absolu, LA solution n’existe pas non plus. Tout comme il
n’existe de réalité objective, chacun trouve sa réponse mais il faut avant tout
poser les bonnes questions.
_Le Transfert, l’Ombre en marche, les Cités Célestes
tombées si facilement, l’avènement du Treizième Gardien Lunaire, les Clés
Divines… Tout ceci n’a pas de sens !… Pas de sens. A moins que…
_A moins que… ?
_Que le pire ennemi de l’homme soit l’homme !
_Exactement !
*
Le Ciel s’assombrit au Sanctuaire Céleste d’Athéna.
Devant la Maison du Bélier le mutisme des lieux fut percé par une averse
diluvienne. Même en Olympe les éléments terrestres régnaient imposant leurs
lois.
La pluie lavait les dalles tâchées de rouge. Le
liquide céleste guérissait les plaies des combattants. Les traces de la
bataille s’effaçaient avec l’eau coulant sur les marches.
Ixion, Melkor et le reste de la troupe affichaient
des masques de marbre. Seiya, Shiryu et les autres Chevaliers d’Athéna
regardaient la pluie nettoyer le Sanctuaire sous un cosmos bienveillant. Un
cosmos ! ? Oui, une cosmoénergie bien connue de tous les Saints
émergea de la Maison du Bélier. Un autre Saint doré vint faire son apparition
sur l’Autel.
Le Virgo Saint avançait d’une démarche sobre et
pleine de sérénité, comme à son habitude. L’inhabituel était qu’il tenait deux
objets entre ses mains.
_Shaka… soupira Mû, ainsi se termine cette première
bataille.
_Seigneur
Shaka ! s’étonna Auron, vous n’allez tout de même pas leur livrer…
Le Saint de la Vierge s’arrêta juste devant le
Sagittaire, encore sous le choc. Il le contempla de ses yeux fermés. Puis fit
encore quelques pas pour se retrouver devant la partie adverse et il tendit les
deux objets de grande valeur à Ixion.
_Voici la Première Clé, dit le Virgo Saint.
_Ce n’est pas une victoire, dit Ixion, ni une
défaite.
_Je sais, dit Shaka, ce sont les ordres de la déesse
Athéna.
Shiryu ne teint plus en place. Il rejoignit le
groupe et retint le Virgo Saint par l’épaule.
_Je refuse de croire que ce sont les ordres de
Saori ! Comment peut-on faire une chose pareille ! ?
_Je ne comprends pas non plus, rajouta Shun, vous,
l’homme le plus proche de Dieu, pourquoi leur livrer les armes
d’Athéna ! ?
Ixion, l’Ombre de la Destruction mit le Bouclier de
la Justice sur son avant bras droit et prit le Sceptre de Nikè dans sa main
gauche. Il se tourna en direction de la Cité Céleste d’Athènes, ainsi que toute
sa troupe de Gardien Lunaires, dont Melkor qui portait toujours le corps de
Hyoga.
_Très bien, dit Ixion d’un ton calme et serein, l’un
des Douze est tombé comme prévu : Artémis ne sera plus un obstacle !
Poséidon a été défait ! Tout se déroule comme prévu. Nous repartons
immédiatement d’où nous sommes venus, merci Déesse Athéna.
_Alors… fit Mû d’un ton résigné, toute cette
bataille ne fut que diversion… Toute cette mise scène dans un seul but :
permettre à l’armée de l’Ombre de frapper dans les Cités d’Artémis et de
Poséidon !
Ixion, dont les cheveux gris recouvraient totalement
le visage, se contenta de sourire. Il se tourna vers la sortie du Sanctuaire
d’Athéna emportant ses armes. Cette vision déplut au Treizième Chevalier d’Or.
Auron rejoignit le groupe à son tour et exposa également son point de vue.
_C’est insensé ! vivifia-t-il, le Sceptre de
Nikè et le Bouclier sont les symboles de la Justice !
_Ces armes sont sacrées, reprit Shiyu, elles donnent
à Athéna toute la puissance dont elle a besoin pour vaincre ses ennemis.
_Et pas seulement à Athéna, dit Shun, Nikè est la
déesse de la Victoire, elle vit dans ce Sceptre ! C’est elle qui nous
guide vers la voie du succès !
Celui qui se faisait appeler « L’Ombre »
se mit de profil et s’adressa à ses interlocuteurs avec toujours la même
fermeté et sincérité.
_L’Olympe est le Domaine des Dieux. Douze Cités,
chacune attribuée à l’un d’eux. Dans ces Douze Cités sont cachées les Clés qui
ouvrent sur une Treizième Cité. La Cité Interdite ! Pour ouvrir les portes
de cette ville, il faut rassembler les Douze Clés. Et les Clés ne sont autres
que les armes des Dieux !
_Alors voilà la raison pour laquelle les forces des
ténèbres s’en prenaient à chaque Cité ! dit Shiryu.
_Pour obtenir ces précieuses Clés, certains étaient
prêts à tout, mais c’est à nous qu’appartiennent ces armes et à personne
d’autre ! Nous ouvrirons les portes de la Treizième Cité !
_Mais pourquoi ouvrir les portes de cette
Cité ! ? s’emporta Shun, qu’allez vous y trouver ? Pourquoi
passer par de telles méthodes sanguinaires ? Pourquoi corrompre l’ordre
des Gardiens Célestes et décimer la Chevalerie d’Athéna ! ? A quoi
tout cela va-t-il servir ! ?
Ixion marqua une pause. Les autres Saints d’Athéna
baissèrent les yeux. Seul Shiryu et Auron approuvaient le discours de Shun.
_Tant de questions… dit Ixion, qui pourraient se
résumer en une seule : nous suivras-tu ?
_Vous suivre ! ? reprit Shiryu, pourquoi
vous suivrons-nous ?
_Si vous voulez des réponses à toutes vos questions,
venez chercher les armes d’Athéna là où nous allons : au Tartare !
Les Forces de l’Ombre finirent par quitter l’Autel de la Première Maison. Ils repartirent comme ils étaient venus. Shaka s’interposa pour leur permettre de partir sans l’intervention de Shun, Shiryu et Auron. Parce que le choc des combats ne devait plus résonner dans ce Sanctuaire.
Mais sur la descente des marches du retour, ils ne se doutèrent qu’un Gardien Lunaire guettait leur départ. C’était celui, venu à la rencontre de son destin : Sindar, Gardien de l’Offrande allait enfin avoir droit à son entrevue avec Melkor de la Force !
FIN DE L’ACTE I :
INITIATION