Athéna et Shina se matérialisèrent dans un endroit
sombre. D'une simple impulsion de son cosmos divin, Athéna alluma
des torches. Shina scruta les lieux. Athéna l'avait conduite dans
un couloir taillé à même la roche. La déesse
commença à avancer et Shina la suivit.
Shina : Où sommes nous ?
Athéna : Nous sommes dans un tombeau.
Shina : Un tombeau ?
Athéna : C'est celui de ton prédécesseur,
le plus grand chevalier de tout les temps. Si je t'ai conduite dans cet
endroit c'est parce que c'est là que reposent les objets symboles
de ton futur pouvoir sur mon armée.
Shina : Est ce que le Sanctuaire a d'autres tombeaux de la sorte
?
Athéna : Nous ne sommes plus au Sanctuaire, mais dans
une région d'Italie. Je crois qu'elle se nomme la Toscane à
présent.
Shina (en s'arrêtant) : La Toscane
?
Athéna : Quelque chose ne va pas chevalier ?
Shina : Ce n'est rien, j'étais juste surprise. Il y a
longtemps que je ne me suis pas retrouvée aussi près de chez
moi. Je suis née dans cette région vous savez.
Athéna : Voilà qui est intéressant.
Continuons, nous sommes presque arrivées.
Athéna et Shina reprirent leur route. Elles arrivèrent
dans une salle ronde au centre de laquelle trônait un sarcophage
en or massif.
Athéna : C'est la dernière demeure de Tarquin,
le premier chevalier d'or d'Ophiucus.
Shina : Quel genre de chevalier était il ?
Athéna : Il était différent des autres
chevaliers de l'époque. C'est peut être pour ça que
lui seul a pu porter cette armure.
Shina : Que voulez vous dire par "différent" ?
Athéna : Comme tu le sais, tous les chevaliers obtiennent
leurs armures au plus tard à l'âge de l'adolescence. Et bien
lui avait déjà vingt ans quand il se mit à mon service.
Ce fut aussi le premier chevalier à n'être ni grec ni muvien.
Shina : Quel était sa nationalité ?
Athéna : Il venait d'Etrurie, et les relations entre
grecs et étrusques n'ont jamais été chaleureuses.
Quand il est venu au Sanctuaire, les gardes l'empêchèrent
de rentrer. Par chance Moo, le premier chevalier du Bélier, repéra
sa cosmoénergie et ordonna qu'on le laisse passer. Il l'escorta
ensuite jusqu'à mon temple pour que je l'accepte comme chevalier.
A partir de la sixième maison, Tarquin a commencé à
se sentir mal. Il ne le savait pas encore mais il recevait l'appel de la
treizième armure d'or. Quand il est arrivé en face de moi
il s'est écroulé et fut parcouru de spasme. Comme toi lorsque
j'ai libéré ton cosmos. C'est alors que l'armure d'or d'Ophiucus
est apparue et l'a recouvert. Je dois bien avouer que j'étais assez
surprise de voir que l'armure que je destinais au chef de mon armé
choisisse un étranger. Mais elle a bien fait, Tarquin était
un chevalier fidèle et un leader né. C'est lui qui a mené
l'assaut contre le Sanctuaire de Poséidon lors de la première
guerre sainte. Il s'est lui même occupé de l'ébranleur
de sol. Il avait réussi à développer un arcane capable
de toucher un dieu. Une fois suffisamment affaibli, j'enfermai mon oncle
dans une urne. Une fois la paix revenue, il géra le Sanctuaire à
mes cotés. C'est lui qui m'a conseillé d'éparpiller
les armures sacrées à travers le monde, c'est lui qui, sachant
que son armure ne trouverait pas toujours preneur, instaura l'ordre des
Grands Popes en choisissant un successeur parmi les chevaliers d'ors, enfin
c'est lui qui décida de maquiller l'armure en argent afin de ne
pas la laisser sans propriétaire. Il a toujours été
de bons conseils. Avec le temps je me suis mise à le considérer
comme un ami et même plus ; mais ça n'a jamais été
réciproque. Pour lui je ne suis que la déesse qu'il a juré
de servir et protéger.
Shina : À vous entendre on croirait qu'il est toujours
vivant.
Une voix : Mais je suis toujours en vie.
Shina sursauta. La voix sortait du sarcophage. Celui-ci s'ouvrit et
un homme affublé d'un masque doré aux orbites rouges en sortit.
Il tenait à la main un sceptre en or en forme de serpent.
Athéna : Je suis contente de te revoir Tarquin.
Tarquin s'agenouilla.
Tarquin : Tout le plaisir est pour moi déesse Athéna.
Athéna : Relève toi Tarquin. Tu ne fais plus parti
de mes chevaliers, tu n'as pas à me rendre hommage.
Tarquin (en se relevant) : Les vieilles habitudes ont la vie
dure Athéna.
Shina (à Tarquin) : Comment pouvez vous être encore
de ce monde ?!
Tarquin (à Shina) : Mais vous êtes une femme !
Tarquin + Shina : Déesse Athéna, pouvez-vous m'expliquer
ce qui se passe ?
Athéna : Je vais vous donner les explications que vous
demandez.
Shina, si tu as devant toi un homme sensé être mort depuis
plusieurs siècles, c'est que je l'ai châtié en lui
retirant le droit de mourir. C'est d'ailleurs l'une des rares choses dont
je ne puis me vanter.
Shina : Mais pourquoi ? Vous m'avez dit vous même qu'il
était le meilleur des chevaliers.
Athéna : Il y avait un sujet dont Tarquin et moi débattions
souvent, la place des femmes dans ma chevalerie. J'étais farouchement
contre, intimement convaincue que la place d'une femme était au
foyer et non sur un champ de bataille. Régulièrement Tarquin
essayait de me faire changer d'avis avec moult arguments convaincants que
je rejetais avec une mauvaise fois qui me fait encore rougir de honte.
Un jour il fit une plaidoirie pour sa cause tellement brillante que je
faillis lui donner raison. Malheureusement, mon orgueil de déesse
reprit le dessus et je le chassais violemment de ma vue. Après m'être
calmée, je décidais de m'excuser auprès de lui car
déesse ou non ma conduite avait été inqualifiable.
Je surpris alors une conversation qu'il avait avec sa femme dans laquelle
il faisait étalage de tout ce qu'il me reprochait. Sous le coup
de la colère je le punis en lui donnant la vie éternelle.
Il fut alors condamné à survivre à tous ses descendants.
Bien sûr je me suis rendue compte que j'avais dépassé
la mesure, mais le mal était fait. On ne peut revenir sur une décision
divine. Après cet acte malheureux je décidais de quitter
mon corps d'origine et de participer aux prochaines guerres par le biais
d'hôtesses humaines que je guiderai sans les contrôler. J'avais
entre-temps tout fait pour rendre sa peine plus légère à
Tarquin. Je fit bâtir ce caveau et demandais aux alchimistes de Mu
de construire une chambre de stase afin qu'il passe sa vie en léthargie
en attendant quelqu'un capable de le libérer. C'est ce caisson que
tu as pris pour un cercueil.
Shina : Et c'est moi qui aurais ce pouvoir ?
Athéna : Exactement, mais chaque chose en son temps.
Je vais à présent dire à Tarquin pourquoi les femmes
sont à présent acceptées dans ma chevalerie.
Tarquin, cela ne fait que mille cinq cents ans que les femmes ont le
droit de revêtir les armures sacrées. Si mon hôtesse
et moi avons pris cette décision c'est que nous avions été
mises devant le fait accompli. A cette époque le Grand Pope se nommait
Oscar, c'était l'ancien chevalier des Poissons. De tous les éducateurs
que mes vaisseaux humains avaient reçus, il était celui qui
la comprenait le mieux. Quand Hélène fut en âge de
prendre le pouvoir, nous remarquâmes qu'Oscar avait pris de l'embonpoint.
Quelques semaines plus tard, alertées par des cris de douleur, nous
entrions dans ses appartements. Oscar était en train d'accoucher.
Nous décidâmes de l'aider à se libérer. Elle
mit au monde un garçon qu'elle nomma Camille. Sur le coup nous trouvâmes
cela étrange car pour nous c'était un nom de fille.
Après qu'elle se fut reposée, nous l'interrogeâmes.
Elle nous raconta alors qu'elle était la dernière d'une famille
de huit filles. Son père, un ancien chevalier, voulant que sa famille
continue de me servir lui donna un nom masculin et l'éduqua comme
un homme. Les seules personnes au courant furent le précédent
Pope, et le père de lenfant Marco de la Balance. Pour la première
fois mon hôtesse et moi-même avons eu une discussion. Pour
Hélène, Oscar était la preuve que les femmes pouvaient
faire de très bons chevaliers. Pour moi c'était aussi la
preuve qu'elles pouvaient être indisponibles pendant un certain temps.
Nous avons donc fait un compromis, nous acceptions que les femmes entrent
dans la chevalerie sous certaines conditions. Cependant Oscar ne fut jamais
reconnue comme la première femme chevalier, le secret demeura gardé
même après sa mort.
Tarquin : Je vois. Qu'est devenu Camille ?
Athéna : Il fût un excellent chevalier du Taureau.
Il mena mes troupes contre l'armée de Némésis. Ce
fut la bataille la plus courte à laquelle j'ai assisté. Mais
assez parlé du passé, parlons de l'avenir, de ton avenir.
Je te présente ton successeur, Shina Kido.
Tarquin (à Shina) : Je suis très honoré
de vous rencontrer.
Shina : Tout l'honneur est pour moi.
Tarquin : Puis je poser une question indiscrète ?
Shina : Bien sûr, mais je ne vous promets pas d'y répondre.
Tarquin : Qu'est il arrivé à votre visage pour
que vous portiez un masque ?
Shina : Toutes les femmes chevaliers portent un masque. C'est
le symbole de leur renoncement à leur féminité. Si
une femme se fait voir sans son masque par un homme, elle n'a que deux
solutions, le tuer ou l'épouser. Et je vous préviens je suis
déjà mariée.
Tarquin : Voilà qui est fort intéressant. Me serait
il possible de voir votre visage ?
Shina : Je viens de vous dire que si vous me voyez à
visage découvert je serai dans l'obligation de vous tuer.
Tarquin : Mais j'y compte bien, c'est d'ailleurs pour ça
que vous êtes là.
Shina : Comment ?!
Tarquin : La seule façon pour moi de trouver le repos
éternel est de me faire tuer. Hors vous seule en avez la force.
Sans l'armure il faudrait trois chevaliers d'or pour me terrasser, et à
la condition qu'ils utilisent l'attaque de l'ombre.
Shina : Ce qui les radierait de l'ordre. Je serais donc aussi
puissante que trois chevaliers d'or ?
Tarquin : Avec l'armure vous faites jeu égal avec les
douze réunis. Et encore, pour venir à bout de vous ils devraient
tous utiliser l'arcane interdit en même temps.
Shina : Mais comment cette armure peut elle être aussi
puissante ?
Athéna (à Shina) : Cette armure est la seule qui
représente ouvertement un dieu. Il coule en elle une essence divine.
En plus des matériaux habituels pour la créer, il y fut ajouté
un des cheveux de mon corps d'origine.
Shina : Je vous remercie d'avoir répondu à mes
questions Athéna.
Shina retira son masque et se mit en garde. En enflammant son cosmos
elle fut grisée par sa propre puissance. Elle sentait sa supériorité
par rapport aux autres chevaliers d'or, instinctivement elle savait que
son septième sens était le plus puissant de toute la chevalerie
et que seuls les chevaliers divins la dépassaient grâce au
neuvième sens qu'ils avaient entr'aperçu il y a quinze années
de cela.
Shina : Tarquin ! Je vais mettre fin à ton tourment.
Thunder Claws !
Tarquin fut soulevé du sol par la puissance de l'attaque. Il
retomba lourdement ventre à terre et son masque le quitta sous le
choc. Alors que Shina s'apprêtait à remettre le sien, Tarquin
se releva avec aisance.
Shina put enfin voir à quoi ressemblait le mythique chevalier.
Elle fut subjuguée par la beauté de ce dernier. Son visage
était le symbole de la perfection. Mais la surprise passée,
Shina finit par le trouver simplement mignon. Son coeur était déjà
pris par Shun et aucun autre homme ne l'aurait.
Tarquin (à Shina) : Je reconnais que votre attaque m'a
pris de court. Je ne m'attendais pas ce que vous utilisiez cet arcane.
Mais comme vous le savez, une même technique ne marche jamais deux
fois sur un chevalier.
Shina : Vous aviez déjà subi cette attaque ?
Tarquin (souriant) : Mieux que ça, c'est moi qui l'ai
créée. Je ne m'attendais pas à ce que quelqu'un l'utilise
encore après tout ce temps. Elle a cependant perdu de sa superbe.
Si vous le souhaitez je peux vous apprendre à la maîtriser
à la perfection.
Shina : Serait-ce la fameuse attaque qui peut atteindre un dieu
?
Tarquin : Bien sur que non, mais si je veux mourir de votre
main il me faudra vous l'enseigner.
Shina : Considérez moi comme votre disciple.
Tarquin : Bien, alors commençons.
Dans le temple d'Athéna.
Sakura regardait émerveillée la chambre qui lui avait
été allouée. Elle était largement deux fois
plus grande que celle qu'elle avait au Japon et possédait même
une petite salle de bain. Mais le comble du luxe pour elle, c'était
l'isolation sonore qui lui permettrait enfin de dormir sur ses deux oreilles
toutes les nuits.
Shun : Ça change de notre petite maison hein ?
Sakura : Ça me fait presque peur. Pour un peu je préférerais
la masure près de la tombe de Cassios.
Shun : L'important c'est que nous gardions le goût des
choses simples.
La servante : Veuillez m'excuser, mais je dois vous conduire
au coliséum, Athéna a prévu de faire une annonce pour
tous les résidents du Sanctuaire et vous y êtes conviés.
Shun : Nous vous suivons.
Tarquin tomba au sol un sourire aux lèvres, la vie venait enfin
de le quitter. Sa poitrine était trouée au niveau du coeur.
Cependant, aucune goutte de sang ne coulait. L'attaque qui avait perforé
sa poitrine avait en même temps cautérisé la plaie.
Tel était la puissance de cet arcane.
Athéna s'approcha du corps et lui ferma les yeux. Elle le prit
ensuite dans les bras et le déposa dans la chambre de stase qui
serait à présent son cercueil. Avant de refermer le couvercle
elle le regarda une dernière fois tendrement.
Athéna : Regarde s'il est beau ! Ne dirait on point qu'il
dort ?
Shina : Athéna ? Est ce que vous l'aimiez ?
Athéna : Je l'aimais certes, mais comme une soeur aime
son frère.
(à Tarquin) Fais de beaux rêves mon superbe chevalier.
Athéna referma le sarcophage et scella en le touchant avec le
Niké. Elle ramassa ensuite le masque et le sceptre de Tarquin et
les tendit à Shina. Le chevalier d'Ophiucus mis son nouveau symbole
facial, mais celui-ci ne disait pas "je ne suis plus une femme" mais "je
suis votre chef". Quand elle saisit le sceptre, ce dernier, à sa
grande surprise, se lova autour de son bras. Shina ne cessait d'être
étonnée par les pouvoirs insoupçonnés de cette
armure qu'elle avait portée durant tant d'années.
Athéna : Il est temps de rentrer au Sanctuaire à
présent.
Shina : Attendez un instant Athéna ! J'aurais une question
à poser au sujet de mon armure.
Athéna : Très bien, je t'écoute.
Shina : Qu'elle besoin aviez vous de créer une protection
aussi puissante ?
Athéna : La réponse est toute simple, c'était
pour me prémunir d'éventuelles rébellions au sein
même des chevaliers d'or. Car si un renégat peut réussir
à pervertir quelques uns de mes plus puissants protecteurs, il lui
serait impossible de rassembler autour de lui tout l'écliptique.
C'est pourquoi j'ai fait construire cette armure qui ne peut être
détruite que par tous les chevaliers d'or réunis.
Shina : Je vois, dommage que Tarquin fut le seul qui l'ait portée
sous sa réelle forme avant moi.
Athéna : C'est vrai, mais heureusement pour moi la crainte
et le respect qu'il inspirait aux autres chevaliers se sont transmis à
ses descendants. Et il y a toujours eu quelqu'un de sa lignée parmi
mes chevaliers d'or. Et quand deux frères entraient à mon
service, tandis que l'aîné devenait chevalier d'or, le cadet
obtenait toujours l'armure d'Ophiucus sous sa forme d'argent. Malheureusement,
avec le temps, son nom finit par disparaître des mémoires
et de la chevalerie.
Bien, il nous faut maintenant rejoindre les autres.
Shina : Les autres ?
Shina terminait à peine sa phrase qu'elle se retrouva avec Athéna
au centre de l'arène du Sanctuaire. Le colisée était
bondé. Tout le monde attendait avec impatience les paroles de la
déesse. Athéna leva les bras et le silence se fit.
Athéna : Résidents du Sanctuaire ! En ce jour
solennel où l'écliptique est reformé et que les chevaliers
divins sont de nouveaux réunis, moi Athéna ai décidé
de marquer ce grand moment d'une pierre blanche. Comme vous le savez, la
loi sur le visage des femmes chevaliers est très contraignante,
certaines d'entre vous la trouvent stupide, et elles ont raison. Cette
loi était volontairement idiote car elle fut créée
dans l'optique de limiter le nombre de femmes dans la chevalerie. A l'époque
je pensais que les femmes étaient de piètres guerrières.
Mais aujourd'hui, parmi les chevaliers d'or, quatre sont des femmes dont
le plus puissant d'entre eux. C'est pour cette raison qu'aujourd'hui, je
vais abroger cette règle désuète.
(à Shina) Chevalier d'or d'Ophiucus, fait ton office.
Tous les regards se braquèrent sur Shina. Cette dernière
sentait la pression de sa nouvelle charge. Même si elle semblait
stoïque, intérieurement une grande panique s'emparait d'elle.
C'était similaire à ce qu'elle avait ressenti quand Pocahontas
lui avait rendu hommage mais multiplié par mille. Elle se remémora
alors les paroles de Shun "fais comme Sakura avec nos élèves,
reste pareille à toi même". Tout devint alors clair, elle
devait se comporter comme le chevalier qu'elle avait toujours été,
à la différence près que son autorité s'était
accrue. Elle s'avança au centre du coliséum et commanda instinctivement
au serpent qui ornait son bras de reprendre sa forme de sceptre. Elle brandit
alors son instrument de pouvoir.
Shina : Résidents du Sanctuaire, moi Shina Kido chevalier
d'or d'Ophiucus, grand commandeur de tous les chevaliers, et pourvoyeur
de la parole divine d'Athéna, déclare que la loi sur les
masques est officiellement abolie.
Une acclamation de joie se fit entendre et une flopée de masques
s'envola. Mais l'euphorie s'arrêta brusquement pour laisser place
à un silence inquiétant. Enfin quelqu'un prit la parole dans
l'assistance et s'adressa à Shina.
Une femme : Pourquoi gardez vous votre masque ?
Shina : Ce masque est le symbole de ma fonction et non de ma
condition de femme, si j'avais été un homme je le porterais
quand même.
Et la liesse reprit de plus belle.
Athéna fit un signe à Shina pour qu'elle s'approche d'elle.
Après que son chevalier se soit exécuté, elle se téléportera
avec elle dans son temple.
Athéna : Tu as été remarquable, tu as le
sens du commandement dans le sang.
Shina : Je vous remercie Athéna, mais je vous avouerais
que je me sens un peu lasse.
Athéna : Assis toi donc sur le trône pour te reposer.
Shina : Je vous remercie Athéna.
Shina commanda à son sceptre de reprendre sa place sur son armure et se dirigea vers le siège. Une fois installée, un objet à terre attira son attention. C'était un petit livre relié de cuire rouge. Shina se rappela alors le Journal de son maître que lui avait donné Athéna et qu'elle avait lâché lorsque la déesse délivra son pouvoir. Le puissant chevalier d'or se concentra et le manuscrit entra en lévitation pour venir se poser dans les mains de celle-ci. Shina souffla un peu pour récupérer de l'intense effort de concentration qu'elle avait déployé, puis ouvrit le livre.