Quelque part dans le Sanctuaire.
Sha Hua évitait tous les coups de Roshi. Elle avait très
vite retrouvé ses vieux réflexes d'avant l'éveil de
son cosmos. Son ouïe aiguisée lui permettait de suivre les
déplacements de son "maître", quand il restait immobile, les
battement de son coeur le trahissaient. Elle parvenait même à
sentir son odeur si particulière. C'était cette odeur qui
l'avait guidée jusqu'à lui. Il se cachait dans le Sanctuaire
à l'abri du regard et de la perception de tous. Ni Athéna
ni sa mère ne s'étaient rendues compte de sa présence.
Elle avait alors décidé qu'il serait son maître, en
échange de quoi ,elle gardait le secret sur son existence.
Plongée dans ses souvenirs, Sha Hua faillit ne pas éviter
un coup de genou. Elle l'esquiva de justesse et contre-attaqua. Elle l'avait
enfin touché.
Roshi : Félicitations, à partir de maintenant
je vais t'appeler petit dragon.
Sha Hua : Je vous en remercie Roshi.
Roshi : Maintenant, je vais te donner ta toute dernière
leçon. Je sais que tu possèdes les attaques de ton père
et que tu es en passe de maîtriser deux des miennes.
Mais ça ne suffit pas. Ton adversaire sait de qui tu tiens et
s'attendra à ce que tu utilises ton héritage. Il faut donc
que tu développes tes propres arcanes.
Sha Hua : Je n'ai pas attendu votre autorisation pour le faire.
J'ai déjà conçu deux bottes en rapport avec l'armure
que je brigue. Me feriez vous l'honneur de les subir ?
Roshi se mit en garde.
Roshi : Je t'attends petit dragon.
Kiki : Salomon est israélien, il est très accueillant
sans être aussi démonstratif qu'Igor. Son seul défaut
est qu'il ne peut s'empêcher de jauger les nouvelles têtes.
Attendez vous à être examiné.
Sakura : Je suppose que Salomon est un pseudonyme ?
Kiki : Exactement, certains chevaliers changent de nom lorsqu'ils
obtiennent leurs armures. C'est une tradition du Sanctuaire dont je n'ai
pas réussi à déterminer l'origine.
Contrairement aux autres chevaliers, Salomon n'était pas à
l'entrée de sa maison. Kiki fit signe aux autres de rentrer. Le
chevalier de la balance était assis en tailleur au beau milieu de
son temple. Il avait les cheveux bleu clair coupés courts et ses
yeux étaient verts. Il scruta attentivement Shun et Shina.
Salomon : C'est étonnant, un équilibre parfait
de force et de douceur, de calme et d'agressivité. Vous êtes
un couple parfaitement assorti.
Salomon regarda ensuite Sakura.
Sakura : Alors ? Quel est votre diagnostic.
Salomon : Ce n'est pas facile, vous avez une personnalité
très complexe. Tout ce que je sens, c'est une volonté à
toute épreuve et un caractère bien trempé. Il faudrait
que je vous sonde plus longuement pour avoir plus de détails, mais
je sais que le temps est ce qui vous manque le plus aujourd'hui. Allez
voir Athéna, et si ça ne vous dérange pas, revenez
me voir à l'occasion jeune fille.
Sakura : J'essaierai d'y penser, au revoir Salomon.
Salomon : Au revoir jeune fille. Un grand trouble l'habite
mais je n'ai pas réussi à le définir. Elle possède
aussi une force exceptionnelle.
Kiki : Le chevalier du Scorpion se fait appeler Touareg en référence
à son peuple, Hyoga est le seul à connaître son véritable
nom. Il est très taciturne, et quand il parle, il ne peut s'empêcher
d'être désagréable. Mais il faut le comprendre, c'est
un nomade et moi mis à part, Athéna a interdit à tous
les chevaliers de quitter le Sanctuaire sans autorisation.
Sakura : En bref, il ne supporte pas la sédentarité.
Touareg attendait ses visiteurs en faisant les cent pas devant sa maison.
Son visage était masqué par un morceau de tissu bleu vestige
de sa vie passée. Seuls ses yeux noirs étaient visibles.
Ses salutations furent sèches à la limite de l'agressivité.
Mais quand il vit Sakura, il lui tendit la main et dit de la façon
la plus aimable dont il semblait capable.
Touareg : Bienvenue au club des déracinés petite.
Sakura serra franchement la main de Touareg. Il s'écarta ensuite
pour laisser passer Sakura et consort.
Une fois dehors, Kiki s'adressa à Sakura.
Kiki : Tu es en train de faire des ravages au sein des chevaliers
d'or Sakura ; d'abord Will te drague très grossièrement et
maintenant voilà Touareg qui se montre tout crème avec toi.
Sakura : Ne dis pas de bêtise, Touareg pensait seulement
que le Japon me manquait autant que son désert, c'est tout.
Kiki : C'est possible, mais il faudra m'expliquer pourquoi il
n'a jamais eu la même réaction avec les nouveaux chevaliers
que j'amenais voir Athéna.
Sakura ne répondit rien et se contenta de rougir.
Kiki : Tout comme le chevalier de la Vierge, celui du Sagittaire
est une femme. Elle s'appelle Pocahontas, c'est une Algonkin.
Shun : Pardon ?
Sakura : Je crois que c'est une tribu de natifs d'Amérique,
mais je ne jure de rien.
Kiki : Exactement, et elle ne supporte pas que l'on dise qu'elle
est indienne. Comme Touareg, elle est très fière de ses origines,
elle ne se mêle pas beaucoup aux autres, mais ce n'est pas quelqu'un
de foncièrement antipathique.
Pocahontas avait des cheveux gris argentés coiffés en
queue de cheval, le motif de son masque doré était une flèche
écarlate qui partait du front et s'arrêtait au bas du nez.
Elle s'approcha de Shina sans faire attention aux autres et s'inclina devant
elle.
Pocahontas : Chevalier Shina, c'est un immense honneur pour
moi de vous accueillir dans ma maison. Vous êtes un exemple pour
toutes vos soeurs d'armes. Vous représentez pour nous l'accomplissement
de toutes les femmes chevaliers. Vous êtes à la fois femme,
guerrière et mère, j’espère avoir un jour la chance
de suivre votre voie.
Shina (un peu gênée) : N'exagérez pas, j'ai
tout de même quitté le Sanctuaire durant près quinze
ans.
Pocahontas : Certes, mais vous avez répondu tout de suite
à l'appel d'Athéna. Vous n'avez pas hésité
à renoncer à votre vie confortable au moment voulu.
Shina se demandait si le chevalier du Sagittaire ne lisait pas dans
ses pensées. Bien sûr, elle était partie du domaine
sacré, mais c'était sous l'initiative de Shun, elle avait
décidé de le suivre car si en près de deux mois de
vie commune elle savait presque tout de lui, elle rechignait à dévoiler
des brides sur son passé. Elle ne lui avait même pas parlé
de sa mère Mona qui vivait toujours en Italie. Elle se rendit compte
que si Shun redoutait le jour du retour, elle au contraire l'attendait.
Elle était devenue une excellente épouse, une bonne mère,
mais la guerrière en elle avait soif de combats. Shun l'avait sans
doute deviné, car ouvrir un dojo était contraire à
ses principes même s'ils n'enseignaient que l'autodéfense.
Shun s'était toujours sacrifié pour elle sans jamais demander
son reste. Pocahontas avait raison, elle était devenue une femme
et un chevalier comblée et accomplie.
Une fois sorti du temple, Shun chuchota à l'oreille sa femme.
Shun : Alors, qu'est ce que ça fait d'être la femme
la plus adulée du Sanctuaire après Athéna ?
Shina : C'est un peu troublant, je suis flattée d'être
devenue leur modèle mais en même temps j'ai peur de les décevoir.
Shun : Ne t'en fais pas, fais comme Sakura avec nos élèves,
reste pareille à toi même.
A peine sortie de la maison du Sagittaire, Shina
et compagnie se trouvèrent face à un fier gaillard en armure
dorée. Son casque cachait presque la totalité de ses traits.
Chevalier : Comme vous tardiez, j'ai pris
les devants.
Kiki : Ah ces gascons ! Aucune patience.
Mes amies, je vous présente ...
Sakura : Cyrano du Capricorne.
Kiki (étonné) : Comment
as-tu deviné ?
Sakura : Ça ce voit comme son nez
au milieu de sa figure.
Cyrano (énervé) : Qu'est
ce qu'il a mon nez ?
Sakura (narquoise) : Oh mais ce n'est
pas un nez, c'est un roc ! ... c'est un pic
! ... c'est un cap ! Que dis-je, c'est un cap ? ... C'est une péninsule.
Kiki serra les dents, Cyrano était très
susceptible quand il s’agissait de son puissant appendice nasal et il redoutait
sa réaction. Mais à son grand étonnement, il eut un
vibrant éclat de rire.
Cyrano : Une érudite ! Je m'attendais
à tout sauf à ça.
(à Shina) : Pour la farouche guerrière
que vous êtes, ce doit être vexant d'avoir une intellectuelle
comme enfant.
Shina : Ce serait le cas si elle n'était
pas aussi une combattante exceptionnelle. Elle est le meilleur élève
du dojo que nous dirigions au Japon.
Cyrano : Sauf votre respect, il y a une
différence entre se battre en duel dans le respect de certaines
règles, et combattre un ou plusieurs adversaires sur un champ de
bataille.
Shun : Oh mais ça lui est arrivé
de se confronter aux quelques voyous qui traînaient où nous
habitions. Je suis même certain qu'elle les a affrontés plus
souvent qu'elle n'osait nous le dire. N'est ce pas Sakura ?
Sakura ne pût s'empêcher de rougir.
Il est vrai que la bande qui sévissait à Yokosuka était
du genre revancharde. Même si ce n'était pas Sakura qui cherchait
la bagarre, remettre ces crapules à leur place lui procurait un
plaisir réel. Maintenant qu'elle était partie, ils auraient
les mains libres un certain temps. Car Sakura se doutait bien que les habitants
élèves du dojo réagiraient assez vite pour les empêcher
de nuire.
Cyrano (à Sakura) : Eh
quoi ! La précieuse était une héroïne ?
Sakura : Monsieur
de Bergerac, je suis votre cousine.
Cyrano rit de plus belle et frappa amicalement,
mais vigoureusement, l'épaule de Sakura.
Cyrano : Je sens qu'on va bien s'entendre
tous les deux.
Shun (à Shina) : Qu'est ce qu'ils
se sont dit ?
Shina : Des répliques d'une pièce
de théâtre française, le pseudonyme du chevalier est
le nom de son héros. J'avais été la voir avec Sakura
il y a trois ans à Tokyo, une très belle histoire d'ailleurs.
Shun : Je ne savais pas que ton français
était aussi bon.
Shina : Idiot, elle était jouée
en japonais, mais tu connais ta fille ; elle a remué ciel et terre
pour trouver le texte en version originale.
Tout en montant les marches Cyrano et Sakura discutaient
toujours en français. Parfois Cyrano se mettait à éclater
de son rire de stentor.
Kiki (à Shina) : Ils ont l'air
de bien s'entendre, à mon avis, Sakura pourra très vite s'intégrer
grâce à lui.
Shina : C'est vrai qu'il y a un certain
temps que je ne l'avais pas vue si rayonnante.
Au moment où l'élève de Shiryu
fit traverser sa maison, Shina demanda à parler un instant avec
lui. Elle laissa les autres prendre de l'avance.
Cyrano : Alors chevalier, de quoi désirez
vous m'entretenir ?
Shina : C'est à propos de ma fille,
manifestement tu as acquis son amitié tout de suite. Si tu souhaites
la garder, il faut que tu saches qu'il y a certains sujets qu'il ne faut
aborder sous aucun prétexte avec elle.
Cyrano : Vous m'intriguez, mais j'avoue
de mon coté que sa compagnie est plaisante. Elle ne se prend pas
au sérieux comme les onze autres chevaliers d'or et elle est beaucoup
plus subtile que Will. Je ne voudrais en aucun cas la blesser, parlez vous
avez toutes mon attention.
Shina : Pour faire simple elle a perdu
son Christian.
Shina lui parla alors de Shinji.
Kiki attendit que Shina arrive pour parler du prochain chevalier.
Kiki : Si vous avez trouvé Touareg peu chaleureux, je
vous préviens tout de suite que l'accueil de Nanouk sera glacial.
Sakura : Est ce que tous les élèves de Hyoga sont
des pinces sans rire ?
Kiki : Il est vrai que tous les deux ne sont pas à proprement
parler des boute-en-train, mais dans le cas de Nanouk tu comprendras les
raisons de son aigreur en le voyant.
Comme avec Hyoga, la température baissait à chaque marche
qui menait à la onzième maison.
Arrivée à la hauteur du chevalier du Verseau, Sakura
comprit tout de suite les paroles de Kiki. Bien qu'étant un homme,
Nanouk portait un masque doré sans motif. Cela laissait supposer
qu'il était défiguré. Ses cheveux hirsutes étaient
mauves.
Shun redouta le franc parlé habituel de sa fille, il s'était
sentit extrêmement gêné quand elle avait fait ses remarques
sur l'oeil de Hyoga et le nez de Cyrano. Mais à son grand étonnement,
elle ne dit rien.
Kiki : Je vous présente Nanouk du Verseau.
Nanouk se contenta d'un hochement de tête comme signe de bienvenue
et retourna dans son temple.
Kiki : Il nous laisse passer.
Shun : Tu es sûr ?
Kiki : Depuis le temps je connais le bonhomme.
Une fois sortie de la maison Sakura se permit une question.
Sakura : Dis Kiki ? Qu'est-ce qu'il lui est arrivé au
visage ?
Kiki : Il y a treize ans, sa famille a été attaquée
par un ours polaire. Hyoga est arrivé trop tard sur les lieux, ses
parents étaient morts et il s'était déjà pris
un sérieux coup de griffes au visage. Cassandra a fait ce quelle
a pu, mais certaines blessures étaient trop profondes et l'ont marqué
à jamais. Je dois reconnaître que je suis surpris que tu n'ais
fait aucune remarque plus tôt. J'ai observé tes réactions
dans les maisons du Taureau et du Capricorne et j'en ai déduit que
tu es le genre de personne qui dit tout haut ce quelle pense.
Sakura : C'est exact, mais je sais quand je peux être
trop blessante.
Kiki : Nadia est un cas à part parmi cette génération
de chevaliers d'or. Elle n'a eu aucun maître et personne n'est venu
la chercher.
Shina : Si personne ne l'a recrutée, comment est elle
venue au Sanctuaire ?
Kiki : Elle a débarqué il y a sept ans sur le
dos d'un requin baleine. Elle était déjà masquée
et accompagnée d'un lionceau blanc. Une fois à terre, elle
a demandé à voir Athéna et prétendait être
le futur chevalier des Poissons. Elle a passé trois années
à s'entraîner seule et a réussi l'épreuve la
confirmant comme chevalier. Elle ne nous a jamais rien dit sur son passé.
Je suis l'une des rares personnes à savoir qu'elle vient d'Afrique.
Sakura : Et comment l'as-tu appris ?
Kiki : Je lui ai demandé tout simplement. J'avais déjà
des doutes à cause de la couleur de sa peau et elle les a confirmés.
Je n'ai cependant rien tiré d'autre d'elle.
Le masque de Nadia avait un motif en forme de nautile blanc sur chaque
joue. Ses cheveux coupés au bol étaient bleus nuit.
Nadia : Je suis très heureuse de vous accueil...
Une voix : Prince ! Reviens ici tout de suite, tu m'entends
?
Nadia : Oh non !
Un lion blanc s'assit aux pieds de Nadia, il tenait un morceau de tissu
marron dans la gueule. Il fut rejoint par un jeune homme roux coupé
court coiffé d'une casquette. Il portait des lunettes, une veste
bleue et un pantalon troué au postérieur de la même
couleur que le tissu dans la bouche du fauve.
Jeune homme : Prince ! Je peux savoir ce qui t'a pris de me
mordre comme ça ?
Kiki : Bonjour Jean.
Jean (sans regarder) : Bonjour Kiki. Allez, rends-moi ça
Prince.
Jean prit le morceau de tissu et commença à tirer, Prince
ne lâchait pas prise. Kiki regardait cette scène avec amusement.
Shina, Sakura et Shun étaient quant à eux restés interdits
devant l'étrangeté du spectacle. Nadia par contre, ne savait
plus où se mettre. Elle avait bien dit à Jean de ne se montrer
à aucun moment. En y réfléchissant bien, elle ne lui
avait rien dit du tout, mais ce n'était pas une raison, il savait
très bien que sa présence devait demeurer secrète.
Nadia : Jean ?
Jean : Oui Nadia ?
Nadia (nerveuse) : Nous avons de la visite.
A ces mots, Jean lâcha la prise et tomba à la renverse.
Jean : Quoi ?! Mais pourquoi ne m'as tu pas averti ?
Nadia (énervée) : Et toi ? Pourquoi n'es tu pas
resté caché ?
Nadia et Jean commencèrent à se disputer.
Sakura (à Kiki) : Tu pourrais nous présenter s'il
te plaît ?
Kiki : Ce jeune homme s'appelle Jean-Pierre du Canal, il est
français. Il vit "secrètement" avec Nadia. Athéna,
et récemment moi, sommes les seuls au courant de sa présence.
Sakura : Comment l'as-tu rencontré ?
Kiki : A peu près de la même façon que vous,
sauf que c'était Prince qui courrait après Jean.
Sakura : Et tu as promis de garder le secret à condition
qu'elle te dise d'où elle vient, je me trompe ?
Kiki : Tu es une petite futé, je commence à croire
que tu lis dans les pensée.
Sakura (à Nadia et Jean) : Dites les tourtereaux, c'est
pas bientôt fini la scène de ménage ?
Les deux jeunes gens cessèrent leur joute verbale.
Nadia : Je suis vraiment confuse pour cette attitude indigne
de mon rang, j'espère que vous ne direz rien à personne.
Shun : Mais bien sûr.
Shina : C'est évident.
Sakura : Ça dépend.
Nadia (à Sakura) : Comment ?!
Sakura : Je veux bien garder votre secret, mais j'aimerais d'abord
savoir comment vous avez rencontré ce charmant français.
Nadia : Écoute petite, je ne céderai pas à
ton chantage.
Sakura : Vous avez bien cédé à celui de
Kiki.
Nadia : Ferais-tu la folie de me défier ?
Sakura : C'est une possibilité.
Les deux femmes se défiaient du regard. Shun allait intervenir
mais Kiki l'en empêcha.
Kiki : Ne t'inquiète pas, si ça dégénère,
je me charge de les séparer.
Nadia : Tu as du cran petite, j'aime ça. Jean ici présent
est parachutiste amateur. Lors de son baptême de l'air, les vents
l'ont poussé jusqu'au domaine sacré. Il a atterri sur moi
et a, par inadvertance, fait tomber mon masque. Ayant vu mon visage, il
ne me restait que deux alternatives, le tuer où l'épouser.
Je n'étais tentée par aucune des deux. Je ne voulais pas
le tuer car c'était un accident, mais je ne souhaitais pas non plus
l'épouser. Je l'ai donc emmené discrètement à
Athéna pour qu'elle me tire de cette impasse. Elle a décidé
que Jean devait rester prisonnier de mon temple et que personne ne devait
connaître son existence. La solution qu'elle a trouvée ne
me plaisait guère, mais elle était préférable
au mariage. Mais vous êtes quand même quatre à connaître
le secret maintenant. Je vous redemande donc de ne rien dire à son
sujet.
Sakura (malicieuse) : Mais de qui parles-tu ? Tu vis seule avec
ton lion.
Nadia : Je vous remercie.
Nadia s'inclina et laissa les invités d'Athéna poursuivre leur route. Une poignée de marches séparait maintenant Sakura de la déesse.
Roshi commençait à émerger. Combien de temps était
il resté inconscient ? Trop, à son goût. Il était
en colère contre lui-même. Se faire battre aussi facilement
par une gamine de treize ans... L'entraînement avait pour finalité
cette victoire, mais pas aussi éclatante ! Il avait fait parti des
treize plus puissants guerriers de la planète, il maîtrisait
le septième sens, s'était élevé jusqu'au huitième.
Et elle, avec sa misérable puissance qui dépassait à
peine celle de ces faibles chevaliers d'argent, l'avait battu en deux coups.
Bien sûr, ces deux arcanes étaient redoutables et ingénieus,
bien sûr il n'était plus tout jeune et avait de l'arthrite,
bien sûr son cosmos avait perdu de sa puissance, bien sûr il
était évident qu'il se cherchait de mauvaises excuses car
il ne supportait pas perdre.
Roshi (après s'être relevé) : Bien jouée
petit dragon, j'ai finalement réussi à faire quelque chose
de toi.
Sha Hua : Je vous remercie Roshi, je suis à présent
prête à combattre l'instigatrice.
Roshi : L'instigatrice ? C'est comme ça que tu surnommes
ta cousine ?
Sha Hua : Effectivement, car sans elle, je ne serais pas ce
que je suis aujourd'hui.
Roshi : Je ne vois pas en quoi l'existence de Sakura a influé
sur ta vie, elle vivait au Japon quand tu n'étais même pas
née.
Sha Hua : Que savez vous sur la rencontre de ses parents ?
Roshi : Pas grand chose, quand on vit caché on n'entend
que des rumeurs. Mais j'avoue être intrigué par ce couple,
car bien que connaissant très peu Shina, je sais que c'est une combattante
acharnée. Je ne vois pas comment elle a pu plaire à un pacifiste
convaincu comme Shun.
Sha Hua : Et quelle est la rumeur la plus répandue sur
le début de leur relation ?
Roshi : Le bruit le plus couru est que dans un moment de folie,
Shina aurait violé Shun et en serait tombée enceinte. En
apprenant cela, Athéna les aurait mariés de force.
Sha Hua : C'est une version un peu dénaturée de
la vérité mais elle en reste assez proche.
Sha Hua raconta la véritable histoire à son maître.
Roshi : Je ne vois toujours pas en quoi cela t'affecte ?
Sha Hua : Ce jour là, la relation entre mes parents avait
fait un grand bond, trop grand de l'avis de mon père car ça
lui avait fait peur. Le soir venu, il refusa les avances de ma mère
sous un faux prétexte. Durant la nuit, ma mère n'arrivait
pas à dormir. Elle a donc usé de son don pour voir si tout
allait bien dans les autres chambres. Quand elle se concentra sur la chambre
de Shina elle se rendit compte qu'elle était avec Shun. Et bien
qu'à cette époque ma mère était quelqu'un de
naïf, elle n'était pas idiote et se doutait très bien
de se qui se passait. Étrangement, mon père perçut
aussi quelque chose dans son sommeil, peut être était-ce du
à la fraternité entre lui et Shun. Quoiqu'il en soit, il
en fit un cauchemar dans lequel ma mère le trompait. Il s'est rendu
compte que s'il continuait à ne considérer ma mère
que comme une amie, il finirait par la perdre. Ils se sont donc connus
le même soir où Shun et Shina ont conçu Sakura.
Roshi : Je comprends un peu mieux l'importance que tu donnes
à Sakura, mais je trouve que tu exagères la portée
de cette soirée. Tes parents auraient très bien pu sauter
le pas un autre jour.
Sha Hua : Justement non, ma mère n'a pas la patience
de mon père. Cette nuit là elle jouait son va-tout, elle
était bien décidée à quitter mon père
dans les semaines à venir s'il ne se décidait pas rapidement.
Elle en avait assez qu'il la respecte, elle voulait qu'il l'aime.
Roshi : Mais comment sais-tu tant de choses sur ce moment ?
Sha Hua : C'est ma mère qui m'en a parlé. Maintenant
vous savez pourquoi Sakura est si importante à mes yeux. Sans elle,
mes parents ne seraient sûrement pas les mêmes, je ne serais
pas la même. Ce que je suis, je le dois à l'instigatrice,
à Sakura, et ce que je serai bientôt, je lui devrai aussi.